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 Bipolarité

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Dorian Fatalys
♥ Infirmier Scolaire
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Masculin Compteur 223
Age: 31
Job: Infirmier
Localisation: A l'infirmerie
Humeur: Qui s'y frotte, s'y pique !


KMO
 :

MessageSujet: Bipolarité   Lun 13 Juin - 17:39

Tout se passera bien... enfin espérons.

Cette phrase marqua la fin d'une histoire et le début d'un autre.
La journée s'écoulait beaucoup plus lentement qu'il n'aurait pensé. Il venait juste de sortir de son bureau à l'infirmerie histoire d'aller classer quelques dossiers qu'il considérait comme 'terminés'. Wun était chez lui, il l'avait laissé seul pour la matinée, et il s'inquiétait malgré tout. Inquiet de quoi ? Mmh, il ne savait pas vraiment. Peut-être avait-il peur qu'Al soit mort égorgé quand il rentre, ou alors que sa maison soit dévastée. Ou peut-être simplement avait-il peur que son petit protégé soit parti... ou mort.
Il balaya ses pensées moroses d'un geste de la main agacé. Il ne tournait pas rond ces dernières heures... et pour cause. Elle venait de partir.

S'approchant de la salle des profs pour aller y classer les fameux dossiers qu'il tenait dans la main justement, Dorian se mit à les feuilleter passablement. Il s'arrêta sur le même à chaque fois : Yume Namida. Son coeur se serrait. D'une étrange façon. Il ne savait pas s'il était triste ou bien soulagé. C'était trop flou et à vrai dire, il n'avait pas envie de découvrir la réponse. Il préférait faire comme s'il avait toujours su qu'elle partirait.
Elle était venue dans son bureau tôt ce matin, l'air renfrogné habituel et surtout cette petite moue tristounette sur le visage. Dorian s'était dirigé vers elle, d'un pas rapide, craignant qu'un autre malheur lui soit arrivé mais il n'était pas question de ça. Elle n'avait pas dit grand chose, elle s'était simplement réfugiée dans ses bras, en marmonnant qu'elle partait à Londres avec ses parents, pour continuer ses études et qu'elle ne reviendrait pas. Dorian n'avait pas réagi, il n'avait pas dit mot pendant qu'elle était contre lui. Il avait juste profité de cet instant si ... fragile. Lorsqu'elle s'était reculée, il avait souri, lui évitant de croire qu'elle lui ferait trop de mal en partant ainsi. Il avait banalement souhaité du courage et du bonheur à cette petite qui l'avait rendu si humain en quelques séances. Ils s'étaient quittés amis, se promettant de se revoir à Londres, si leurs vies les y emmenaient tout en sachant pertinemment qu'ils ne se reverraient jamais.

Il n'avait pas traîné par la suite, il avait scellé le dossier de Yume pour garder confidentiel tout ce qu'il avait apprit sur elle et s'était dirigé illico presto vers son casier pour ranger ça sous clef et ne plus jamais repensé à toute cette histoire qui l'aurait sûrement affaibli dans un sens et grandi dans l'autre.

De longs cheveux blonds, une odeur douce, enivrante. C'était elle. Dorian cessa aussitôt de ruminer au sujet de Yume et redressa la tête. Elle était là, se dirigeant lentement de sa démarche délicate vers la dite salle des profs. Signe du destin ? Peut-être bien.
Quoiqu'il en soit, Dorian ne se fit pas prier pour accélérer le pas. Il l'avait repérée depuis quelques mois à une réunion à laquelle ils avaient été conviés parmi tant d'autres mais il n'avait pas pour autant cherché à établir le moindre contact avec elle. Elle semblait si inaccessible, si farouche et en même temps si joyeuse qu'il la trouvait aussi intéressante que niaise. Elle respirait la sympathie et la sociabilité... tout ce dont lui n'était pas doté. D'ailleurs, c'était sûrement cette facette de sa personnalité qui la rendait si unique aux yeux de Dorian. Il avait commencé à la détester, la critiquer, la maudire, puis plus il la voyait et plus il la trouvait gentille, jolie, attentive. Bref, un vrai coeur d'artichaut notre démon finalement.

Il la suivait de près, ne sachant pas si elle l'avait deviné ou pas, il s'en foutait. Il ne voulait pas se proposer comme compagnie, non ... il voulait s'imposer.
Ils entrèrent tour à tour dans la salle des profs, il erra jusqu'à son casier pour se donner une contenance, avant d'y enfermer son passé, et ses dossiers auxquels il ne prêtera désormais plus attention, puis il se retourna vers elle.
Elle était affairée près de la table au centre de la pièce. Il s'avança. Il ne savait pas vraiment comment engager la conversation sans être banal ou lourd. Il s'arrêta soudain anxieux. Mince, cette bonne femme le mettait dans un état qu'il ne supportait pas de voir chez les autres, alors chez lui n'en parlons pas ! Il se rua sur la machine à café et prit 2 expresso avant de retourner la voir et de le lui tendre sans frémir, sans sourire, juste en la fixant droit dans les yeux. Il n'avait pas non plus envie de pimenter son geste par une phrase type du genre "Dure journée hein !" ou "Dorian Fatalys", c'était si moche et si redondant qu'il s'en passera bien. Il devait trouver autre chose, quelque chose dont elle se souviendrait toute sa vie. Il allait prêcher le faux pour savoir le vrai.

M'éviteriez-vous depuis 6 mois ?

C'était du Dorian tout craché. Narcissique au point de faire l'amour à son propre miroir. En agissant ainsi, il la forçait à dire "non non, mon dieu !" et là, elle révélerait qu'elle est en fait flattée de faire sa connaissance et ils iraient ensuite dîner ensemble dans un bon restaurant avant de finir au corps à corps dans un lit tout propre...
Ou alors, trêve de plaisanteries de mauvais goût, elle se sentirait agressée par cette réplique aussi inattendue que désagréable et leur rencontre s'évanouirait en fumée avant même d'avoir commencé.


Dernière édition par Dorian Fatalys le Jeu 25 Aoû - 14:13, édité 1 fois
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Elena Aleksandrov
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KMO
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MessageSujet: Re: Bipolarité   Lun 13 Juin - 19:48

C'était une journée comme une autre. Une journée comme une autre, pas plus rebondissante que les autres. Quoi qu'une journée vu par Elena devait être tout sauf ennuyante. C'était donc une journée comme tant d'autre. Elena était arrivée en retard. Elle s'était excusée. Et puis après ses cours du matin, elle avait longuement discuté avec deux jeunes filles. Elles avaient parlaient art, études, futur. Elena, lorsqu'elle était lancé, ne s'arrêtait plus. Une vraie bavarde. Même devant un mur. Elle pouvait faire le monologue le plus long du siècle sans même s'en apercevoir. Et elle le vivait très très très bien.

Elle avait donc raté sa pause déjeuner, sans aucun regret. Elle avait farfouillé dans ses tiroirs pour retrouver des boîtes de gâteaux et les avait manger le plus discrètement possible. C'est à dire avec grand bruit et mettant des miettes partout. Ensuite, elle avait voulut faire une peinture, mais elle renversa un tube sur son pantalon de toile beige. Elle refusa de le laver, parce que, selon elle, c'était jolie, mais refusa dans le même temps de peindre. Avisant que c'était la fin des cours, Elena ferma sa salle, en oubliant son sac à l'intérieur. Elle commença donc le chemin pour aller à la salle des professeurs quand elle comprit son erreur. Seulement, elle ne savait si elle pourrait faire machine arrière sans se perdre. Voilà pourquoi elle était rentré dans la salle des professeurs, et était partie chercher un plan.

On lui avait dit qu'il y en avait sur la table au centre de la salle. Voilà pourquoi elle fouillait dans la paperasse oubliée de ses collègues.

Elena se retourne calmement vers son collègue. Tout d'abord, elle avisa la tasse de café, qu'elle prit soigneusement, manquant de se brûler sur le plastique encore chaud. Elle l'avait prise sans en être trop surprise, simplement par habitude. Parce que généralement, lorsqu'on vous tend une tasse de café, cela signifie qu'elle est pour vous. Vous n'allez pas la fixer bêtement un quart d'heure. Donc, elle l'avait prise, un peu trop vite, et s'en s'attendre à ce que le café soit encore chaud. Elle grimaça donc au contact du plastique le long de ses doigts avant de continuer son inspection. Ensuite, elle fixa le poignet de l'homme, remonta le long de son bras, regarda son épaule, puis fixa son visage. Alors, elle sut à qui elle avait affaire.

Elle resta un instant sans aucune émotion. Elle ne savait comment faire face à Dorian. Elle savait qui il était puisqu'elle avait parlé de lui avec Yui, et avait donc pousser les recherches de sa personne toute une semaine. Le temps de trouver son bureau. Elle l'avait trouvé arrogant et froid. Elle ne l'avait pas jugeait plus que cela, puisqu'elle prenait toute cette mise en scène pour un jeu. Son rôle, c'était d'être détective et de retrouvé le suspect numéro un.

Le problème, c'est qu'elle ne s'attendait pas à voir son suspect se pointer directement devant elle. Elle resta donc ainsi, le café dans les mains, surprise de voir l'homme devant elle. Elle en oublia ce qu'elle était venue faire, la question de son vis-à-vis et qu'elle était dans la salle des profs.

Ayant un éclair de lucidité, elle posa délicatement, et très lentement, le café sur la table qui se trouvait devant elle, et fit un pas en arrière, pointant du doigt la face de Dorian. Elle prit alors la mine du policier comique venant de découvrir le criminel, sourcils froncés, sourire malicieux sur le visage. Elle avait fléchit sa jambe gauche, qui était derrière elle, afin de la rendre plus stable, alors que sa jambe droite était tendue, posé sur le sol en direction de Dorian. Alors, elle s'écria.

"AAAAAAAAAAAAAAH! Je vous ai retrouvé vilain criminel ! Je ne vous laisserez pas vous enfuir comme cela ! POSEZ moi cette arme ! OUI, POSER moi ce café ! TOUT DE SUITE ! Je ne le répéterais pas deux fois ! POSEZ LE vous dis-je !"

N'attendant pas plus longtemps, Elena attrapa brusquement les mains de Dorian, et retira le café encore bouillant de son emprise, le posant sur la table a côté du sien. Alors, elle se mit en position de "combat". C'est à dire qu'elle fléchit les jambes, et qu'elle toisa Dorian. Tout en restant une jeune femme candide. En fait, elle avait l'air ridicule. Elle l'était. Et si elle, elle avait oublié qu'elle était dans la salle des profs, les occupants de la pièce, eux ne pouvaient pas oublier la présence dynamique de l'artiste.

Prenant son courage à deux mains, Elena s'avança d'un pas, manqua de s'écrouler au sol, se rattrapa a la manche de l'infirmier puis se redressa et attrapa le cou de celui-ci, comme si elle voulait l'étrangler. Évidement, même si elle était doté d'une force tout à fait moyenne, elle n'appuya pas. Elle exerça juste une petite pression avec ces deux pouces, puis relâcha. Elle garda tout de même ses mains autours du cou de Dorian et le fixa. Elle ne put le faire durement, car un petit sourire sur son visage exprimait qu'elle n'était pas sérieuse. Elle étouffa d'ailleurs un rire, avant de baisser la tête, la cachant ainsi à Dorian, puis elle la releva et garda un air impassible.

"Maintenant, jure moi de ne jamais faire de l'ombre à quiconque ! Garnement ! Ta maman ne t'as donc rien appris ! Non, je m'excuse à ta maman. Tu ne l'écoutais donc jamais ? Aaah, y a t-il pire que ce genre de comportement ! Tu es vraiment sans gêne !"

Oui, c'était elle qui disait cela, alors que c'était elle qui lui avait clairement sauté à la gorge, dans tout les sens du terme. Bien sûr, elle ne pouvait faire du mal à une mouche, mais à cet instant, on pourrait la prendre pour folle. Hors, que faisait une folle dans la salle des professeurs ? Rien. Oui, certes.

Et c'était ce truc qui s'occupait de jeunes plusieurs fois par semaine. L'éducation n'est vraiment plus ce qu'elle était.

[Si problème, J'édite !]

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Dim 3 Juil - 15:23

Il fallait dire ce qui était : Dorian fut complètement prit de court.
S'il avait su qu'il aurait eut à faire à une folle, il se serait abstenu de lui parler. Elle paraissait tellement... chétive, accessible et normale qu'il avait crut bon tenter de la séduire de façon amicale au premier abord puis de rentrer dans une spirale romantique qui les aurait conduit dans une passion débordante mais il était clair qu'ils n'iraient pas jusque là tous les deux. Elle était simplement... défaillante.

Lorsqu'elle prit le café, au tout début, Dorian pensa qu'il avait marqué un point mais voilà qu'elle s'était mise à hurler dans la salle des profs, telle une demeurée, le traitant de criminel pour une raison qu'il ignorait encore totalement. Les sourcils de Dorian s'était arqués dans une mimique de stupeur à peine masquée, il était totalement dépassé.
Elle lui avait 'volé' son café des mains, de manière plutôt brutale et voilà qu'elle s'accrochait désormais à son cou dans une folie qui ne laisserait personne sceptique sur son état actuel.
Lorsqu'elle eut finit de délirer, il ferma les yeux un instant avant de se racler la gorge et de jeter un regard noir autour de lui pour détourner celui des badauds qui prenaient plaisir à baver sur la scène qui se présentaient à eux. Il concentra ensuite toute son attention sur la pauvre Elena pendue à son cou avec cet air de victoire qui lui allait si bien. Il commença par retirer ses mains autour de son cou, il tenait ses poignets, fermement mais sans aucune brutalité, faisant largement le tour, et les lui redonna avec un visage qui voulait clairement dire "Ne me touchez pas sans autorisation." puis il croisa les bras avec toute la froideur qui lui était du :

Vous vous sentez bien ?

C'était vraiment la première question que se posait Dorian. Elle semblait tellement déglinguée qu'il était tout à fait en droit de penser que quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Enfin après tout, peut-être que tout ce qu'elle avait dit, avait une signification pour elle, mais à l'heure actuelle, pour Dorian, c'était du chinois.
Il se déplaça d'un pas sur le côté pour ainsi se rapprocher de son café posé sur la table et s'en empara de nouveau, espérant qu'elle le laisserait tranquille cette fois. Il stoppa son mouvement et la regarda de nouveau avant de demander :

Permettez ?

Parce que oui, il ne voulait pas qu'elle pète une nouvelle crise parce qu'il avait reprit son café. Dorian, lorsqu'il prenait un jus, c'était pas pour le reluquer ou pour le poser sur une table en attendant qu'il refroidisse. Dans ce cas là, il aurait prit une boisson froide. Non, il aimait sentir le liquide chaud lui brûler la gorge avant de tracer son chemin dans tout son corps et d'atterrir dans l'estomac réchauffant les intestins et toute sa vivacité par la même occasion.
Il en but quelques gorgées, le finissant rapidement et le jeta mollement dans la corbeille ouverte, prévue à cet effet. Il mit ensuite une de ses mains dans la poche de son pantalon noir et porta l'autre à son menton. Il toisa son interlocutrice qui ressemblait à une enfant prise sur le fait accompli et lui demanda, sérieux :

Connaissez-vous Mr Valentine, le psychologue ? Si ce n'est pas le cas, je vous conseille de prendre rendez-vous avec lui. Il pourra peut-être vous... soulager.

Dorian ne voulait pas l'humilier mais il était assez macho de base, alors lorsqu'il avait décidé d'aller la voir, il avait déjà fait un effort surhumain mais là... elle s'attaquait à lui, le rendait plus inutile qu'un papier de bonbon vide, alors il se rebiffait, montrait son côté arrogant et méprisant. Physiquement, elle était mignonne, mais le reste ne suivait pas. Il la démolirait et ça prendrait le temps qu'il faudra.
Il repensa à ces bribes insensées qu'elle venait de hurler à qui voulait l'entendre. Criminel ? Faire de l'ombre ? Vraiment, il ne comprenait rien à ce charabia.

De quoi parliez-vous à l'instant ? A qui fais-je de l'ombre précisément ?

Dorian était curieux et très flatté par la même occasion. S'il faisait de l'ombre à quelqu'un dans son travail, dans sa vie sociale ou autre, et bien soit ! C'était parfait. Son pouvoir s'étendait par delà le monde, il devenait puissant. Rien de tel que cette énergumène sortie tout droit de nulle part pour lui apporter de précieuses informations.
Il posa ses fesses sur le rebord de la table, lui offrant son superbe profil et avec un air dédaigneux et détaché, il avoua, jouant la carte de la faiblesse :

Vous vous rendez bien compte que c'est involontaire de ma part, non ? Serais-je victime de mon succès ? osa-t-il tout en étouffant un rire légèrement détestable sur le coup. Le paon n'en pouvait plus de retenir sa fierté mal placée. Il était content de lui.
D'ailleurs, vous seriez aimable de ne pas employer le tutoiement avec moi... après tout, on ne se connait pas Mlle Aleksandrov.

Il ne connaissait rien d'elle, si ce n'était son nom et sa démarche pommée. Elle était juste sa cible physique. Sa profession ? Ses qualités ? Ses défauts ?
Il ne s'était pas plus intéressé à elle qu'il ne l'avait fait pour Irydessa Plessis Bellière par exemple. Il s'était contenté du physique et il avait également été déçu.

A croire que les blondes de Keimoo avaient vraiment toutes, un cerveau ramolli.


Dernière édition par Dorian Fatalys le Jeu 25 Aoû - 14:15, édité 1 fois
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Elena Aleksandrov
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MessageSujet: Re: Bipolarité   Lun 4 Juil - 19:25

Il la regardait comme si elle était folle. Bien sûr, elle avait l'habitude. La plupart des personnes dans ce bas monde la regardait ainsi. Et elle ne faisait rien pour que cela change. Ce n'était pas par lassitude. Non, c'était juste parce qu'elle s'acceptait. Elle avait accepté depuis bien longtemps qu'elle était totalement différente des autres. Et cela ne l'embêtait pas le moins du monde. C'était un fait. Elle n'agissait pas comme le reste du monde. Elle ne pensait pas comme le reste du monde. Elle était libre. Telle était sa façon de voir sa différence. Elle était bien comme elle était. Et cette stupéfaction dans le regard de son collègue ne la déboussola pas le moins du monde. Ni qu'il lui enlève ses mains de son cou. Elle avait bien l'espérance qu'il le ferait, puisqu'elle ne pouvait et ne voulait pas lui faire du mal. Et elle ne fut pas dérouté non plus par la remarque de l'infirmier. Ce n'était pas comme si c'était... Vexant. Pas pour Elena, en tout cas.

"Très bien, en effet."

Et elle lui sourit. Oui. Elle lui sourit. De toutes ses belles dents blanches. Des rides aux coins des yeux et le regard pétillant. Elle le regarda docilement boire son café, toute colère disparut. Elle avait déjà oublié pourquoi elle lui en voulait. Simplement parce qu'elle pensait à l'instant au contact froid des mains de Dorian sur ses poignets et à sa position dominante. Ce garçon là lui donnait envie de rire. Tout son être respirait l'arrogance, et pourtant, elle n'y voyait qu'un homme simple et perdu. Elle avait connu un homme froid, avant. Et il avait été des plus aimant. Il ne savait juste pas comment se comporter avec les autres. Mais il était humble. Pas arrogant. Dorian but son café. Elena en fit autant, se brûlant les lèvres au passage. Faisant une moue boudeuse, elle fut rappelait à la réalité par la voix de son compagnon. Yui.

Mais oui ! C'était pour cela ! Pour Yui ! Elena, avant de s'énerver avec légèreté contre Dorian, pensa qu'il était juste de lui dire qu'elle n'était pas folle. Mais Dorian la prit de vitesse et s'octroya le plaisir de poser plusieurs questions. Ce n'était pas une mince affaire que de couper la parole à Elena. Soit. Elle le laissa s'extasier sur sa petite personne. Elle le regarda en souriant, pas le moins du monde embêté par le soudain intérêt de Dorian pour lui-même et sa fausse modestie, et son désintérêt soudain pour elle. Quand il eut terminé, Elena s'approcha de lui, et se haussa sur la pointe des pieds. Elle posa ses lèvres sur la joue de Dorian, avant de faire un pas en arrière. Puis elle ria et parla enfin.

"Tout d'abord, je connais très bien Yui. C'est d'ailleurs de lui que je vous parlez. Ah, et ce n'est pas parce que vous ne comprenez pas une personne qu'elle est forcément folle ou je ne sais quoi. Je suis comme je suis. Vous êtes comme vous êtes. Certains pourrait penser que vous avez un sérieux problème d'ego, très cher. Ensuite. Je pense que vous pouvez faire de l'ombre à n'importe qui. Vous êtes grand, vous avez de jolis mains et votre profil est délicieux."

Elena sourit, puis refit un pas en arrière. Elle croisa ses bras dans son dos et fixa Dorian. Elle n'avait aucune idée de comment le jeune homme allait rebondir sur ses dires. Après tout, c'était lui qui était venue vers elle, et il avait maintenant comme honte ou était déçu de la façon d'être d'Elena. Il comptait donc forcément d'abord sur le physique. Ce n'était pas très réjouissant de parler avec quelqu'un qui était si peu regardant sur le côté intérieur des gens. Tant de préjugés.

N'y tenant plus, Elena rit de nouveau, avant de s'adresser à Dorian. Déjà, ses collègues ne faisait presque plus attention à ce nouveau couple opposé.

"Et bien, apprenons à nous connaître, j'ai l'impression de vieillir avec ce vouvoiement. A moins que parler avec une folle vous fasse devenir fou à votre tour et que vous en aillez peur, Monsieur Fatalys."

Les yeux bleus d'Elena contre l'arrogance de Dorian. Qui vaincra ?

[Un peu court, mais... Je suis contente de moi quand même. J'espère que cela te plaira aussi ! Et désolée pour les fautes ><]

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Dorian Fatalys
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MessageSujet: Re: Bipolarité   Mer 6 Juil - 12:39

Spoiler:
 


Un baiser !?
Soit, le geste était agréable... mais aussi agréable qu'inattendu ! Dorian avait été tellement peu habitué aux démonstrations d'affection lorsqu'il était gosse qu'un simple contact charnel non prévu (et ne venant pas de sa part qui plus est) le rendait électrifié. Il masqua de justesse une grimace de dégoût (et surtout de gêne d'être vu dans une telle position par ses autres collègues) et recula brutalement d'un pas laissant une Elena souriante et absolument dévergondée.

Cessez tout de suite de vous comporter de la sorte, enfin !

Les manières bourgeoises de Dorian semblèrent alors bien dérisoires face aux choses toutes simples de la vie.
Physiquement, certes, elle lui plaisait et s'il arrivait à ses fins, elle ferait bientôt partie de sa vie privée mais il devrait d'abord apposer des règles afin qu'elle ne le mette pas mal à l'aise comme elle venait de le faire à l'instant.
Dorian était tellement sûr de lui qu'il était déjà persuadé à 90% qu'Elena succomberait à son charme. Ca prendrait peut-être 1 jour, 1 mois, 1 an mais ils finiront ensemble, c'était son objectif. Il ne voyait pas d'autre alternative.
Pourquoi une telle hâte de trouver quelqu'un ? Pour oublier sa solitude ? Pour oublier Yume ? C'était peut-être moins malsain que la drogue pour tenter d'effacer la gamine de son esprit mais c'était pas une solution pour autant. Elena était une belle femme, plus mature (peut-être), plus responsable et avec moins de problèmes que son ex-patiente alors il ne pouvait que tomber amoureux d'elle... non ?

Il esquissa un sourire lorsqu'elle fit remarquer qu'il avait de belles mains ainsi qu'un beau profil. Elle se jouait de lui, il en était quasi sûr mais c'était tout de même agréable d'être la cible de ses niaiseries.
Il se rapprocha d'elle, moins électrifié que tout à l'heure et son visage passa soudain de l'air arrogant/ténébreux à l'air sérieux.

L'égo dont je semble être victime selon vous, reflète peut-être un manque d'assurance de ma part, que je cache derrière des phrases toutes faîtes. Je demanderais un bilan psychologique à ce cher Valentine, tiens !

Il était spécialement flatté que Mlle Aleksandrov parle de lui en étant avec Yui et ce, sans même le connaître mais... par tous les Diables ! Que faisait-elle avec lui ? Le psychologue au moins aussi fou que ses patients avait-il une longueur d'avance ?
D'ailleurs, c'était quoi cette histoire de faire de l'ombre ? Dorian était ambitieux et prétentieux certes mais il ne se rappelait pas avoir empiété sur les plates bandes de ... Yui. Appelons-le Valentine, nous ne sommes pas encore rendus au stade des collègues qui s'apprécient.

Vous savez... minauda-t-il tout en se rapprochant encore dangereusement de la Dulcinée, ... je ne cherche pas à résoudre les problèmes existentiels des gens. Je panse uniquement leurs blessures physiques mais... si je fais de l'ombre à Valentine sur le plan de la séduction, alors là je plaide coupable. S'il cherche à vous séduire, je ne nie pas que je m'en fiche, mais de vous à moi... il s'approcha encore jusqu'à placer sa bouche à quelques centimètres de l'oreille de Madame, ... je n'étais même pas au courant de ses intentions. Peut-être que sa technique manque un peu... d'agressivité ?

Il se replaça dans sa position d'origine et croisa les bras tout en esquissant un sourire de victoire. Il se plaisait dans l'ironie, c'était délectable.
La belle semblait lâcher un peu de mou. C'était tout à son honneur si elle souhaitait préciser davantage cette relation. Connaître Dorian ? Mmh infirmier, 30 ans, célibataire, d'origine arabe et... oh au fait ! Mon vrai nom c'est Dayen. Comment placer ça dans une conversation des plus banales. Personne ici ne connaissait son vrai prénom et pour cause, il avait changé en partant d'Egypte. Les raisons étaient personnelles mais il s'était bien habitué à Dorian même si ça faisait légèrement trop... Américain. Il devait forcer Elena à se concentrer sur elle-même et non sur des informations le concernant, quite à passer pour un gros lourd.

Quel est votre genre d'homme Mlle Aleksandrov ? Oh et puis... d'ailleurs, puisqu'on en parle, consentiriez-vous à me dire votre prénom si j'abolie le vouvoiement ?

Ils n'étaient au Japon mais n'étaient pas Japonais. Les coutumes d'ici n'appartenaient à proprement parlé qu'aux natifs de l'île. Dorian ne perdait pas de temps à appeler les gens par leur nom de famille tout en rajoutant des suffixes de politesse qui n'en finissaient plus.

Il avait déjà réfléchi à cette question avant même de la poser.
Si Mlle fol-dingue préférait les hommes virils et à limite violents, il se ferait une joie de refaire le visage de ce cher Valentine, non pas qu'il l'agaçait mais ça ne le dérangerait pas non plus.
Si elle préférait les hommes machos, dédaigneux et arrogants, il ne serait pas dur pour lui de l'ignorer tout en l'humiliant publiquement en faisant étalage de son utilité à l'inverse de la sienne. A bien y réfléchir, Dorian se trouvait actuellement dans cette catégorie de bonhomme... tout à fait détestable donc... mais y'a que les cons qui ne changent pas d'avis.
Si à l'inverse, elle préférait les agneaux, les coeurs d'artichauts, les hommes doux, chaleureux et qui manquent cruellement de testostérone entre les cuisses, alors là... il ne pourrait rien faire pour elle, il sera pas l'homme de la situation.
Pourtant, au fond de lui, Dorian savait qu'il avait un 'coeur tendre' comme tout le monde sinon il n'aurait pas été à deux doigts de succomber au charme dramatique de la petite Yume.
Repensant à sa disparue, il enchaîna sur un sujet plus épineux :

Pourquoi n'avez-vous pas assisté à la réunion concernant les élèves de Keimoo ? Le sort de vos petites brebis ne vous inquiète-t-il pas ?

Il aurait aimé qu'elle soit présente dans ce rassemblement d'hormones en fusion. La confrontation, y'a rien de mieux pour jauger et juger son adversaire. Il avait ainsi déjà analysé que Mlle Mashimoto était une grande timide absolument influençable, que Mr Saitô était un homme stricte qui se faisait passer pour le copain des étudiants, quant à Valentine, il semblait plus préoccupé par l'ombre que lui faisait Dorian que le cas des élèves. Excellent.

D'ailleurs, en parlant d'élèves, quelle matière enseignez-vous ? Mmh non, laissez-moi deviner... Art dramatique ?

Cette matière -bien qu'inutile- lui irait comme un gant.


Dernière édition par Dorian Fatalys le Jeu 25 Aoû - 14:18, édité 3 fois
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Elena Aleksandrov
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MessageSujet: Re: Bipolarité   Mer 6 Juil - 17:24

Il avait fait un pas en arrière. Il l'avait laisser faire, et il était maintenant surpris. Elle aimait son visage lorsqu'il l'était. Simplement parce que l'expression qui s'y peignait était véritable. Elle le sentait, et cela lui donnait envie de sourire, encore. Il n'avait pas l'air dégoutée par son geste, mais quelque peu gêné. Il ne s'y attendait pas et apparemment son caractère n'était pas de ceux qui accepte le contact léger des lèvres sur une joue par une inconnue dans un lieux publique. Soit. Elle n'était pas plus intéressé que cela par les démonstrations d'affections en publique. Kaz' était japonais. Il ne l'avait jamais embrassé en publique. En tout cas, pas lorsqu'il savait que les regards étaient sur eux. De plus, Elena n'avait jamais était excitée par le fait d'avoir des contactes physiques en publique. Rien de mieux que l'intimité pour être tranquille.

Il sourit. Un sourire presque mauvais, et Elena n'était pas dupe. Il aimait qu'on le complimente. Il se jouait de son physique avantageux. Il était imbu de lui même, égocentrique. Et elle, elle s'en fichait. Elle ne se ferait pas prier pour le complimenter, puisqu'il aimait cela, mais elle resterait simple et vrai. Si elle n'en avait pas envie, elle ne le ferait pas. Toutefois, elle s'adaptait à son entourage. Ainsi, elle se promit de ne plus sauter sur Dorian en publique, mais de le complimenter, plutôt. C'était une de ces choses si facile à deviner avec les égocentriques. Ils aimaient qu'on leur jette des fleurs en publique, plutôt qu'en privée. Rien de mieux que de faire comprendre à la terre entière sa supériorité. Et comme cela plaisait à Dorian, cela plaisait à Elena. Elle aimait faire plaisir aux gens, c'était tout. Tant que cela ne blessait personne, elle était heureuse.

"Je ne sais pas si cela est une excellente idée. Si vous vous sentez bien comme vous êtes, vous n'avez pas besoins de Yui. A quoi servirait-il d'aller le voir, si c'est pour dire que vous vous aimez ? Encore de la paperasse pour pas grand chose."

Comme quoi ce problème de papier envahissant le bureau de son ami l'avait quelque peu touché. Elle se souvenait qu'il en avait parlé, et que cela risquait de rendre ses visites plus espacé. Hors, Elena aimait beaucoup voir Yui et discuter avec lui. C'était un petit bonheur égoïste et elle en avait conscience. Mais elle se disait qu'elle avait bien le droit à cela, une fois de temps à autres. Personne ne dirait rien, à moins que Yui en est marre d'elle. Dans ce cas, elle n'aurait plus qu'à trouver une autre victime, bien qu'elle le savait, elle ne le pourrait pas. Yui était arrivé comme par hasard dans sa vie, et elle savait que c'était ces rencontres là qui était les meilleurs. Chercher ne menait à rien. Rien de mieux que le temps et le destin. Si elle croyait au destin.

Il s'approchait d'elle dangereusement, sans qu'elle fasse le moindre mouvement. Elle n'avait pas peur du contact qui pouvait s'établir, mais elle ne savait comment réagirait Dorian si elle prenait les choses en mains. C'est à dire si elle se rapprochait de lui une bonne fois pour toute. Alors, elle ne fit rien, et écouta simplement son vis-à-vis. Évidement, elle ne comprit pas grand chose. Simplement parce que sa culture au niveau de la séduction frisait le zéro. Elle était tombée amoureuse d'un garçon froid et distant, et elle n'avait rien fait de plus qu'être elle-même pour se retrouver dans ses bras. De ce fait, sa seule arme était le naturel. A prendre, ou à laisser.

"Je ne pense pas que Yui parlait de séduction. Il ne doit pas avoir grand problème de ce côté là, puisqu'il est véritablement beau et adorable. Parce que le physique ne fait pas tout, cher infirmier. D'ailleurs, il ne cherche point à me séduire, nous sommes de simple ami."

Et Elena était fière de cette amitié. Il n'y avait rien d’ambiguë entre les deux amis, et c'était très bien ainsi. Ni l'un ni l'autre n'avait cherché un retournement de relation. Ils n'iraient d'ailleurs peut être pas très bien ensemble, parce qu'ils ne se comprenaient pas du tout. Chacun était dans son propre monde, partageant un instant son paysage pour le reprendre avec cupidité. La richesse de leur relation tenait par des filins fragiles, mais tenait. C'était tellement mystérieux, qu'ils s'apprécient l'un et l'autre. Mais c'était ainsi et cela le resterait.

Le retournement de situation fit sourire de plus belle Elena. Lui qui la prenait pour folle la seconde d'avant il tentait maintenant une approche peu subtile. Bien évidement, Elena ne comprit pas que Dorian prenait une attitude de séducteur. Dans sa tête de femme artiste, elle ne pensait pas aux arrières pensées possibles de son collègue. C'était peut être d'ailleurs pour cela qu'elle était si naturelle. Parce que rien ne l'atteignait vraiment. Elle était bien trop loin de la vraie vie pour s'y accrocher. Elle volait simplement au dessus de la vie. Si distante, mais si présente.

"Elena."

Simplement. Un prénom, comme cela. Elle attendait de pouvoir le tutoyer, mais avant, elle devait répondre correctement à la question de Dorian. Elle ne réfléchit pas plus que pour se souvenir de son patronyme. Elle avait simplement à dire ce qu'elle pensait, ce qu'elle ressentait. Chercher simplement les mots qui traduisait ses pensées. C'était cela le plus difficile. Surtout dans une langue qui n'était pas la sienne. Finalement.

"Il n'y a pas de genre d'homme qui me paraisse meilleur qu'un autre, m'allant mieux qu'un autre. Un être humain est un être humain. Des qualités comme des défauts, et c'est ce mélange qui rend l'homme si plaisant. J'imagine simplement que mes maîtres mots sont respect et partage."

Elle ne demanda pas pour lui. Parce qu'il venait d'esquiver sa propre question. Il avait dévié son envie à elle d'en apprendre plus sur lui pour revenir sur elle. Bien que consciemment, elle ne comprit pas cette subtilité, son instinct lui criait de ne pas vouloir en apprendre plus sur lui qu'il ne le dirait spontanément. Peut être que, plus tard, s'il devenait plus proche, elle pourrait s'autoriser aux questions plus ou moins personnelles. Sa couleur préférée, son parfum de glace. Des choses si futiles mais si importantes, parfois. Se faire croire que l'on connait quelqu'un. Se donner la satisfaction de connaître les goûts exactes d'un autre que soit. Une sorte de supériorité que ne ressentait pas Elena. Elle voulait savoir pour savoir. Pas pour posséder. Pour la partage.

"Pour être franche avec vous, bien que vous allez encore me prendre pour une de ces blondes hypertrophié du cerveau, j'ai simplement confondu deux bâtiments, pour finalement me perdre. Mon sens de l'orientation est tellement pitoyable que je me fais presque honte. Parce que mes élèves ne sont pas des brebis, sinon, je serais leur chien de garde, et je n'ai rien d'un chien, sinon la patiente et la fidélité."

Peut être que Dorian aurait compris par cette confrontation qu'Elena était forte, plus qu'elle ne paraissait alors. Et que sa plus grande arme était son sourire. Calme et patiente, elle voulait vivre dans une utopie. Une utopie de paix et d'amour. Mais elle restait enfermé dans son château d'artiste, comme le disait Yui. Oui. Seule, son utopie était vivante. Dès qu'elle s'ouvrait à la réalité, les larmes étaient réelles et poignantes. Elena n'aimait pas la tristesse.

"Non pas l'Art dramatique, mais l'Art tout court. J'enseigne comme je le peux l'art de la peinture, de la sculpture, des pinceaux et des crayons. Vous n'étiez pas si loin. L'Art est l'Art, qu'il soit pictural, dramatique ou littéraire."


Si Elena aimait l'Art, elle pouvait considérer, bien qu’amèrement, que quelqu'un trouve cela inutile. Bien sûr, elle ouvrira le débat sur la question immédiatement. Ce n'était pas par fierté ou par arrogance. Mais simplement parce qu'elle aimait cela. Elle l'aimait d'une telle force qu'elle trouverait tout les mots qu'il faut pour se faire, au moins, comprendre. Pas de faire changer l'avis de l'autre. Simplement de lui faire accepter l'idée qu'il a peut être tort. Un peut être, c'est tellement mieux qu'un pas du tout.

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Dim 17 Juil - 23:57

Cette attitude si fluette et si enfantine dont elle usait depuis le début de cette rencontre attirait ardemment la curiosité de notre jeune infirmier. Plusieurs fois lorsqu'il l'avait croisé auparavant, il s'était demandé si elle utilisait cette facette de sa personnalité pour charmer son entourage, mais à force de lui parler en cet instant, il semblait plutôt évident qu'elle était de ce genre de femmes simples, maniables et sûrement très influençables qui rient pour un rien et s'arrangent du bonheur des gens. C'était assez peu courant de rencontrer des gens si peu exigeants. Finalement, Dorian et elle étaient des opposés à tous niveaux. Ils n'étaient pas faits pour être ensemble, pas faits même pour s'entendre ni pour trouver un simple sujet de conversation qui les passionnerait tous les deux. Mlle Aleksandrov se ferait sûrement un plaisir d'acquiescer si elle pensait qu'il n'aimait pas avoir tort mais un manque total de combat de sa part pour appuyer sa théorie ou prouver qu'elle avait raison amènerait forcément à un énorme ennui. Elle finirait fatalement par être lassante comme femme... aucun intérêt.

Lorsqu'elle prit la parole pour lui indiquer qu'il était inutile d'aller voir Yui, ça le conforta -hélas- dans son idée. Elle n'était pas agacée d'avoir en face d'elle quelqu'un d'aussi arrogant et prétentieux, non, elle faisait avec.
Dorian ne sut que répondre sur le coup tellement son constat le laissait pantois. Ne se mettait-elle donc jamais en colère ? N'avait-elle jamais sa propre opinion ? Etait-elle vraiment du genre de celles qui suivent le mouvement sans même savoir de quoi on parle juste pour 'faire comme tout le monde' ?
Il l'écouta répondre une par une à toute ses questions, ne cherchant pas à les lui retourner, respectant la déviation que Dorian avait imposé. Elle était exactement comme elle se décrivait, un chien patient et fidèle. Il s'en fallait de peu pour qu'elle tire la langue lorsqu'elle avait trop chaud.
Mmh ainsi elle s'appelait Elena. Joli prénom qui lui allait très bien d'ailleurs... et... et elle étudiait l'Art. Arf, pourquoi avait-il deviné aussi facilement ? Quel dommage.

Es-tu toujours si... passive Elena ? osa-t-il totalement sérieux, tout en employant le tutoiement pour sceller ce début de proximité qui permettait à leur relation de faire un pas en avant. Excuse-moi de te demander ça mais tu sembles totalement dénuée de personnalité. Tu ressembles à... une pâte à modeler. Je... je comprends pas ce genre de comportement.

Evidemment, Dorian était tout à fait conscient du fait que tous les êtres humains n'étaient pas ambitieux, ni arrogants, ni égocentriques au point de ne pas faire attention aux autres civils de son entourage, mais chaque personne normalement constituée avait une part de rêve en lui qui le rendait mystérieux, inaccessible et... attirant.
Elena ne possédait pas ce trait de caractère. Elle était un livre ouvert à qui veut bien le lire. Elle semblait banalement fragile et tellement 'comme tout le monde' qu'il était possible de la connaître en moins de temps qu'il faut pour le dire.

Tu répondras à toutes les questions que je te pose, aussi privées soient-elles n'est-ce pas ? N'as-tu donc aucun secret, aucune opinion qui puisse te rendre unique et... différente ?

Parce que oui, le problème était là. Dorian n'aimait pas la banalité. Il voulait quelque chose de sensiblement solitaire, quelque chose qui le rende différent.
Malgré lui, il reportait encore tout à sa personnalité. Elena ne le satisferait pas si elle n'avait pas un tant soi peu d'estime de soi. Mais il avait bien du mal à l'apprécier pour ce qu'elle était, il avait envie de la façonner différemment, inconscient que cette montagne de défauts qu'il lui trouvait en quelques minutes reflétait justement son unicité.
S'il devait se livrer un tout petit peu à cette jeune femme qu'il ne connaissait pas encore assez, il lui dirait simplement qu'il n'a pas envie de la voir de la même façon que tout le monde, qu'il avait envie qu'elle lui réserve une facette de sa personnalité et qu'elle puisse se cacher des attaques extérieures aussi facilement que lui. Finalement, malgré son attitude précédente, il préférait l'Elena surprenante et spontanée. Il aimait ne pas savoir quelle serait sa prochaine réaction. Elle était simplement... indescriptible.

Tu me rendras fou... avoua-t-il tout en esquissant un soupir las, suivi d'un sourire absolument sincère. Sa main se porta une nouvelle fois à son visage masquant son front ainsi que ses yeux, lui permettant un instant de se retrouver dans une obscurité partielle qui l'aiderait à faire le point.

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Mar 19 Juil - 12:22

Oui, elle l'était simplement. Lassante. Ce brin de femme ne faisait que sourire, esquivait les confrontations et calmait les esprits. Elle n'aimait pas la violence, les cris, le sang et les larmes. Ce n'était pas un défaut, mais elle paraissait peut être trop prudente. Naturellement, elle ne pensait pas à mal, et était comme un ange qui planait sur vos têtes. Agaçante, aussi. Souriante comme si tout allait bien dans le monde entier, ne prenant pas conscience de ce qui pouvait l'entourer. Elle ne pensait pas à mal, mais comme chacun, il y avait toujours certaines personnes pour ne pas aimer la fraîcheur et le sourire de la demoiselle. Que cela aille aux orties. Elena ne changerait pas pour deux ou trois personnes. Voilà qui devrait les refroidir.

"Passive ? C'est bien la première fois qu'on me le dit, Dorian. Je ne suis pas du tout, mais que veux-tu, certainement qu'en rapport à toi, je semble bien fragile. N'es-ce pas mieux si tu ne me comprends pas ? Qui y a t-il de bien à comprendre vraiment une personne. Le mystère réside là, voyons. Mais enfin, tu me fais rire, tu es bien le seul à me dire que je suis dénuée de personnalité !"


Et oui, car n'importe qui d'autres auraient eu peur, en aurait eu marre. Déjà, la plupart aurait tourné les talons, pleuré, crié et courant... Peut être certains se seraient-ils tassés sur eux-même, cherchant un échappatoire devant un homme si impressionnant. Pas Elena. Elle s’amusait de lui comme il s'amusait des autres, le prenant à son propre jeu, naturellement. Elle ne jouait pas un rôle, comme certains, elle voulait juste être elle même, souriante et paisible. Si cela ne plaisait pas, elle ne pouvait rien y faire, malheureusement. Elle était comme elle était tout simplement.

"Tu sais, Dorian, je peux répondre à n'importe lesquelles de tes questions, si elle me plaise. Si je trouve que tu vas trop loin, je te le dirais. Mais j'ai une patiente plus grande que la tienne, et tu es encore loin de m’embêter. J'ai bien des secrets, comme chacun de nous et bien des opinions différentes. Beaucoup ne t'apprécie pas, Dorian. Tu es trop arrogant, trop imbu de ta personnalité. Violent dans tes propos et agaçant. Pourtant, je n'ai encore rien contre toi. Et ce n'est pas par faiblesse, comme tu peux le penser. Contrairement à la large majorité des personnes que tu peux rencontrer, mon sourire ne s'échappe pas de mon visage, parce que je ne veux pas. Il y a plusieurs choses que je garde précieusement, Dorian. Ma liberté en fait partie. Alors n'essaye pas de me changer. C'est une liberté que je ne t'accorde pas."

Elle avait dit ça en souriante. les yeux encore pétillant. Rien n'était faux, ni dans son ton de voix, doux comme de la soie, ni dans ses yeux, joyeux, ni même ses mots, parce que sortit naturellement, sans réfléchir. Elle voulait simplement mettre des bases à leur relation, puisqu'il en avait besoins. Peu cherchait cette affirmation d'Elena, parce tous la trouvait différente des autres. Mais puisque pour Dorian, être différent comprenait avoir un fort caractère, elle lui prouverait qu'elle n'a pas qu'un sourire, des yeux bleus, une chevelure blonde et une poitrine généreuse. Elle n'était pas qu'une enveloppe charnelle. Elle avait juste une vision du monde très différente de Dorian. Et c'est peut être ce qu'il recherchait.

Le sourire de Dorian sur son visage raviva la joie d'Elena. Malgré leur incompréhension totale l'un de l'autre, il venait de sourire, et naturellement. Il se cacha, s'enfuyant derrière sa main, se plaçant dans son univers à lui. Elle le regarda un instant, prenant conscience qu'il y avait bien un homme à l'intérieur de ce glaçon, non cet iceberg d’arrogance, et elle sourit tendrement. Voir un instant, si fugace soit-il, un morceau d'humanité la rendait émue. Simplement. Mais à présent, elle voulait voir ses yeux, elle voulait lire la folie dans son regard, et elle savait pertinemment que son geste serait mal pris par Dorian. Mais qu'importe. elle voulait simplement faire cela, et elle le ferait. Il avait eu tord de se laisser aller devant elle, prenant une pose fragile et insoupçonnable.

La jeune femme attrapa donc délicatement la main de Dorian, glissant sa main droite sur son poignet et sa main gauche sur le bout de ses doigts. Puis, elle fit un pas en avant, à quelques centimètres du corps de l'infirmier. Elle leva ses yeux bleus vers ceux de l'homme et chercha son regard. Pour se retrouver aussi dans son univers à lui, même s'il était froid, et sans lumière.

[J'ai un mal fou à trouver mes mots, parfois xD J'ai pleiiiins d'idée, je suis super dedans et tout, mais j'pas assez de vocabulaire, je crois xD]

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Dim 7 Aoû - 15:48

Le visage ainsi masqué par l'une de ses mains, Dorian contemplait le carrelage sur le sol. Banal, froid, et si rectiligne et symétrique qu'il était d'un ennui mortel. Il ne comprenait pas ce qui se passait en lui. Par moments, il était un homme froid, arrogant et rempli de principes et de théories que rien ni personne ne pourrait changer, et puis par moments, c'était tout l'inverse, il se confiait, devenait presque aussi naturel et sensible qu'un agneau. Il devenait faible. Il était différent.
Cette personnalité là le rendait minable de son point de vue, il était un homme beaucoup trop accessible et facilement jugeable. Plus personne ne le prendrait au sérieux s'il était si aisément qualifiable. Son Père avait été clair là-dessus, il était meilleur que tout le monde et avait finit par s'en convaincre, mais c'était le prix à payer pour n'avoir aucun allié ? Aucun sentiment si ce n'est celui de narcissisme ? Dorian était-il condamné à être celui que personne n'aime parce qu'il était trop sûr de lui. Les personnalités franches et complètes attiraient l'admiration d'habitude. Les gens aimaient les leader, les suivait, les copiaient. Mais ici, c'était tout l'inverse, il n'était pas apprécié.
Entendre cette minuscule vérité dans la bouche d'Elena lui transperça le coeur même si le savait déjà avant. Il s'en doutait mais il pensait qu'il agaçait les gens et que ça les rendait jaloux, mais pas qu'il était hait de tous. Il fut ravi et blessé par la même occasion. Sur le coup, il ne savait même plus s'il devait continuer à imposer cette forte impression de lui-même -sachant qu'il ne savait faire que cela maintenant- ou s'il devait apprendre à écouter, à apprécier et à utiliser les gens pour parfaire ses défauts de connaissances. Il n'avait pas envie de dépendre des autres, cependant. Sa personnalité égocentrique était ancrée en lui depuis bien trop d'années.

Il fut sorti de ses pensées par un doux contact charnel sur sa main droite. Elena venait le chercher. Son regard perdu changea pour celui d'étonné et de surpris. Lui qui venait de penser précédemment qu'il aimait qu'elle le surprenne, voilà qui était fait. Elle s'approchait de lui, oubliant la pudeur et oubliant les espaces vitaux de chacun, elle franchissait là l'intimité de Dorian. Il vit son visage atterrir dans son champ de vision et ses yeux bleus le sonder intensément. C'était ça qu'elle voulait ? Un homme faible et fragile ?
Elle avait un visage si magnifique qu'il se serait bien laissé aller à la regarder pendant plusieurs minutes sans parler mais c'était pas le bon Dorian qui pensait là, c'était l'agneau.
Il redressa son visage, coupant le contact si intense qu'ils avaient partagé pendant un court instant et toussota légèrement pour se laisser le temps de reprendre une contenance. Lorsque ce fut fait, il se décala légèrement pour retrouver son espace vital qu'il chérissait tant.
Chassez le naturel et il revient au galop. Ici, les gens étaient beaucoup trop nombreux pour qu'il se laisser aller à la moindre faiblesse.
Si Elena souhaitait le voir devenir naturel, tendre et ... humain, peut-être qu'il le ferait lorsqu'ils seraient devenus plus proches tous les deux et qu'il pourrait avoir u minimum confiance en elle. Là, il lui montrerait qu'il peut être affectif, tendre et tout à fait charmant comme homme même si c'était difficile à croire. Il avait juste besoin de comprendre que les femmes à fort caractère qu'il cherchait et qui étaient censées être femmes idéales -selon lui- n'étaient justement que celles qui lui feraient de l'ombre et le rendrait encore plus désagréable à vivre et si macho avec elles. Une femme comme Elena, gentille, douce, patiente et si ... lassante dans le bon sens du terme, le ferait sûrement devenir un autre homme.

Evitant le sujet qui fâche sur tout ce qu'elle avait dit précédemment, Dorian préféra s'amuser à résumer le tout d'une simple phrase mesquine. Si le sujet revenait sur la table un de ces jours, l'infirmier lui dirait peut-être qu'il était en pleine recherche de lui-même lorsqu'il avait avancé ces idées saugrenues et qu'il ne fallait plus y accorder d'importance...

Ravi de savoir que mon jugement est à côté de la plaque Elena, il semble bien que tu es le genre de femmes qui ne se laisse pas du tout marcher sur les pieds, ironisa-t-il tout en haussant un sourcil avant de sourire machiavéliquement. Il aimait la taquiner, il aimait taquiner toutes les femmes en fait. Etre détestable à parfois de bon côtés, ça évite de vous ennuyer pendant certaines conversations. Et puis lorsque les gens s'énervent, généralement, ils sont plus naturels et disent vraiment ce qu'ils ont sur le coeur.

Dis-moi Elena... qu'est-ce qui aurait tendance à te mettre en colère ? A te mettre mal à l'aise ? A te faire du bien ?

La salle des profs se vida, sûrement qu'il était temps pour eux de retourner en cours et c'était aussi le cas de Mlle Aleksandrov également, mais Dorian lui, n'avait pas décidé qu'il la laisserait partir si facilement. Elle l'amusait, lui rendait la journée moins morose, et pour ça, il était prêt à l'enfermer dans cette pièce pour jouer avec elle jusqu'à pas d'heures.
Ils étaient seuls tous les deux désormais. Dorian ressassait sans arrêt dans sa tête les paroles d'Elena qui lui avait plu. Y'a rien à faire, c'était dur de changer... Il aimait lorsque les gens lui faisaient des compliments, et finalement, c'était tellement vu que peu de personnes l'appréciaient qu'il avait tendance à en faire des tonnes lorsque ça arrivait. D'où cette impression sûrement de fausse modestie qu'il envoyait. '... tu es bien le seul à me dire que je suis dénuée de personnalité, tu es encore loin de m'embêter, je n'ai rien contre toi, n'essaye pas de me changer...'. Certaines de ses phrases avaient un côté Art Dramatique. Tiens, tout à coup, cette matière lui allait à ravir.

Tu dois retourner en cours, non ? demanda-t-il tout simplement, les bras croisés sur son ventre, appuyé sur la table. Et si je te demande de rester ici pour continuer cet échange de banalités, dans quel état ça te met ? Appréhension ? Satisfaction ? Dégoût ?

C'était une façon comme une autre d'apprendre à l'apprivoiser. Il lui demandait juste de parler de ses différents sentiments et ainsi peut-être qu'il serait plus à même de la comprendre. Pour lui, ce jeu était rigolo, et si elle s'y prêtait, il ferait sûrement de même...

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Lun 15 Aoû - 21:40

Il avait l'air un peu perdu. Un peu triste. Dur aussi. Dans son regard, Elena lut beaucoup de chose. Et rien ne lui plut vraiment. C'était trop de difficultés. Elle n'avait aucune envie de se lancer dans quelque chose de compliqué. Elle ne voulait plus de cela. Pourtant, elle était attiré par ce regard. Elle savait qu'elle ne pourrait l'oublier. Kazu l'avait aimé pour cela. Pour son don de soi, même si elle savait qu'elle n'aurait rien en retour, même si elle ne pouvait rien faire. Elle avait cette compassion, ce morceau d'elle qui criait "Aidons les". C'était suicidaire, et beaucoup lui reprochait son côté superwoman/maman poule. Elle s'auto-détruisait ainsi. Mais qu'importe. Un seul sourire et sa vie était la plus merveilleuse qui soit. Se contenter de peu.

Et puis, son regard chavira. Surprise. Note de mécontentement aussi. Il n'appréciait pas qu'on le surprenne de trop. Il voulait des surprises agréables, dans son sens à lui. Mais ce n'était alors plus des surprises. Son regard s'enfuit. Encore une fois, Elena se demanda si tout les hommes qu'elle côtoyait fuyait. Kazu était ainsi. Avant. Yui avait sa façon bien à lui de partir, comme si c'était dans l'ordre des choses. Il fuyait si bien. Mais Dorian, lui... Elle le percevait tellement. Elle ne se sentait pas coupable de le rendre mal à l'aise. Lui n'attendait que cela. Faire penser aux autres qu'ils étaient faibles et frapper là ou cela faisait mal. Bien sûr, ce n'était pas parce qu'il était monstrueux parfois qu'elle avait le droit elle aussi de faire ainsi. Mais... Mais elle n'avait pas encore franchi la limite. Et bien qu'elle sache qu'elle ne la franchirait sans doute jamais, par peur, mais aussi par respect, elle voulait savoir jusqu'où pouvait aller Dorian dans son propre jeu.

Elena sourit. Elle se fichait bien de le voir la taquiner. On dit qu'un homme qui taquine une femme veut être intime avec elle. Évidement, tout dépend de l'intimité recherché. Mais puisque l’ambigüité de la recherche était encore présente, c'était tout simplement agréable de le voir agir ainsi. Il ne l'agressait pas. Il ne se moquait pas vraiment d'elle. Et puis, il ne cherchait pas à avoir le dernier mot. C'était dans sa nature, surement. Et Elena acceptait cette part de lui. Mais elle aimait aussi le calme. Elle n'avait pas envie de se sentir agresser toute une journée. Si Dorian avait continué dans sa lancée de mâle macho fermé comme une huître, peut être aurait elle dit stop et se serait-elle enfuit dans le lointain. Mais même Yui n'avait pas réussit à lui faire péter un plomb.

"Beaucoup de chose dans ce monde m'amuse. J'essaye toujours de voir le bon côté des choses. C'est pour cela que tout dans ce monde me fait du bien. Mais, évidement, il y aura toujours des choses qui me donneront envie d'être violente. Je suis humaine. Je n'aime pas l'irrespect, l'agressivité et ceux qui pensent tout savoir. Hélas, trop de chose me rend mal à l'aise. Les gros chiens, faire la cuisine, une partie de mon passé, les plantes carnivores, les gros moustiques et les coups de soleil. Et je n'aime ni être en colère, ni être mal à l'aise."

Elena ne fit pas attention au vide qui s'agrandissait autour d'elle. Elle ne vit pas ses collègues tourner les talons en prenant la sortie. Elle n'entendit pas les bruits de pas s'éloigner. Elle ne sentit pas le calme s'installer. C'est au moment où il lui annonça qu'il était temps pour elle de filer qu'elle comprit. Elle se retourna, fouillant des yeux rapidement le néant. Personne. Ils n'étaient que tout les deux, vraiment. Elle sourit, comprenant l'entendu des possibilités qui s'offrait à elle. Seuls, Dorian pouvait peut être se détendre un peu. Bien sûr, elle n'en savait rien. Peut être serait-il encore plus désagréable. Mais elle était prête à parier qu'il devenait plus naturel et plus agréable selon elle.

Sauf qu'elle n'avait aucune idée de son emploi du temps, même après tant de temps dans l'académie. Stoppant d'un geste son vis-à-vis, Elena s'éloigna à grand pas, ouvrant un tiroir portant son nom, elle fouilla un instant, un air d'ahuri sur le visage. Puis, elle tira une feuille, sourit de toutes ses dents et la tendit fièrement sous le nez de Dorian.

"Satisfaction, très cher. Je suis libre pendant deux heures, je suis donc très heureuse de pouvoir passer deux heures en ta présence plutôt que seule sur un bureau. C'est ennuyant de ne rien faire. Et de ne rien faire toute seule encore plus !"

S'ennuyer à deux était tellement plus drôle, évidement. C'était absurde, et c'était du Elena tout craché. Souriant de plus belle, Elena reposa sa feuille sur la table à côté d'eux puis commença a agripper son collier en le tournant puis elle le lâchant. elle recommença plusieurs fois. Ce n'était pas signe de nervosité. C'était juste ainsi. Il fallait qu'elle occupe ses mains d'une façon ou d'une autre. Généralement, elle peignait, ce qui occupait pas mal ses mains. Le reste du temps, elle ne savait quoi en faire.

"Puisque tu n'as pas l'air occupé, je peux t'offrir un vrai café ? Ou un truc à grignoter ? Qu'en penses-tu ? Appréhension, satisfaction, dégoût ?"

Et elle éclata de rire. Oui, elle s'amusait bien. Dorian était vraiment drôle.

[Et c'est là que je me souviens d'une chose: Elena n'aime pas le café. xD Mais bon, ça reste probable. Elle va juste s'en souvenir comme par magie. Tout à fait Elena, quoi.]

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Mer 24 Aoû - 14:39

Elle semblait avoir deux personnalités. C'était ça le jugement final auquel arrivait Dorian après l'avoir longuement regardée sous toutes les coutures et s'être attardé consciemment sur les émotions différentes qui passaient sur son visage. Elle avait une sorte de carapace. C'était assez impossible en soi de n'être que cette femme joyeuse éternellement, qui ne hait personne et qui serait prête à tendre la main à tout le monde juste pour se sentir mieux. Etre gentil, c'est compréhensible, vouloir aider son prochain, ça, il comprenait aussi mais cette faculté qu'elle avait de paraître si paisible, ça ne pouvait pas être naturel. Et dans ce cas là, Dorian lui vouait une profonde admiration pour réussir ainsi à se contrôler et à toujours montrer son meilleur visage ; finalement, elle était bien plus forte que lui...

Tu es si... imprévisible, se permit-il de dire tout en baissant légèrement la tête et en plissant les yeux sans chercher à masquer son petit rire. Il lui faisait là un compliment par rapport à ses propres critères. Elle lui avait balancé au visage des choses tellement simples pour répondre à sa question qu'il arrivait encore à la trouver étonnante depuis le début de leur conversation. Chacune de ses phrases était nouvelle, il n'arrivait pas du tout à savoir ce qu'elle pouvait penser.
Il tiqua cependant sur un des éléments qu'elle avait énuméré, 'une partie de son passé'. Il s'apprêta à lui demander des informations plus croustillantes mais il fut coupé dans son élan par un geste assez froid de sa part pendant qu'elle partait fouiller à la recherche de son planning de délivrance. Il ne doutait pas de sa réponse mais il était un peu déçu de savoir qu'elle n'avait pas cours, il ne pouvait pas savoir qu'elle aurait été sa place à lui si Mademoiselle avait eut des cours à dispenser. Aurait-elle osé rester ici malgré ses responsabilités ? Et si elle était partie, l'aurait-elle fait à reculons ? Aurait-elle regretté ? Il pouvait lui poser toutes ses questions, il suffisait juste de lui demander ; vu son caractère, il était clair qu'elle répondrait franchement, mais ses questions étaient presque trop personnelles, elles l'impliquaient trop lui. Demander à quel point on compte pour une personne revient simplement à avouer un manque affectif certain. Du coup, il se tut.

Profitant de ce passage silencieux, Dorian repensa à ses quelques mots qui l’avaient interpellé.
Elle était là devant lui, blonde, fragile, femme, féminine et gracieuse, il ne pouvait pas la replonger intentionnellement dans quelque chose qui la mettrait mal à l'aise alors qu'elle venait de le prévenir qu'elle n'aimait pas ça. Pourtant, une partie de lui cognait contre son cœur pour lui donner le courage de poser les questions difficiles.
Mauvais souvenirs en perspective ? Il était une fois de plus à deux doigts de lui demander de quoi elle parlait mais elle changea d'attitude à l'instant même où il ouvrit la bouche : elle tiraillait son collier de toute part, envoyant immédiatement un message subliminal à Dorian lui indiquant soit qu'elle était mal à l'aise, soit qu'elle s'ennuyait. Il se surprit lui-même à penser qu'il n'avait pas envie de la blesser ou de la voir triste, lui qui -il y a encore quelques semaines/jours- aurait prêté serment devant Satan pour libérer le monde de tout le pêché que représentait les femmes.

Il n'y avait qu'une seule explication possible : elle lui plaisait.

Une étrange sensation d'étouffement et de malaise s'empara alors de Dorian pendant qu'elle reprenait la parole pour lui proposer gentiment de lui offrir quelque chose. Sur le coup, il faillit l'envoyer valser, étant actuellement incapable de contrôler cette impression de claustrophobie qui s'insinuait en lui mais il brida ses lèvres pour ne pas regretter des paroles trop acides envers elle, elle n'y était 'consciemment' pour rien.
Il préféra opter pour une solution plus drastique, il ne répondit pas tout de suite à sa question et se leva de la table pour aller jusqu'à la fenêtre qu'il ouvrit d'un geste brutal et à la limite vital. Il prit une profonde inspiration sans chercher à être discret, il aurait beaucoup de mal à expliquer cette attitude mais il espérait qu'elle ne poserait pas la question. Il venait juste de prendre conscience qu'il n'était qu'un homme.
Il laissa la fenêtre ouverte et revint près d'elle en s'excusant platement, il ne cherchait pas à attirer l'attention sur ce passage douteux, aussi il répondit tout de suite à sa question pour changer de sujet :

Pour être franc... Appréhension. Tu es... terrifiante... souffla-t-il trop sincère pour se taire. Il n'avait pas envie de partir dans une explication à la limite du monologue dramatiquement prenant parce qu'il ne savait pas exactement quel intérêt il avait pour elle et aussi parce qu'il ne se sentait pas assez en confiance dans cet endroit trop public. Il ne se livrerait à Elena que lorsqu'il sera chez lui... ou chez elle. Mais je ne suis pas contre un café noir très corsé, j'ai besoin d'un remontant.

Il la laissa faire ce qu'elle avait à faire et décida de s'asseoir, pour reprendre complètement le contrôle de son corps et de son corps qui battait le rythme comme s'il venait de participer au Carnaval de Rio.

Ton emploi du temps est plutôt disparate si j'en crois les 2h de 'pause' que tu as actuellement. Que fais-tu en temps normal quand il n'y a pas un superbe infirmier pour t'occuper ? Il avait les coudes sur la table et le menton posé dans le creux de sa main et il la regardait faire. Il était diaboliquement sexy si on aime les hommes confiants et arrogants, mais il fallait aussi prendre cette remarque sur le ton humoristique ; Dorian avait comprit depuis longtemps qu'il n'avait pas besoin d'étaler tout son attirail sur la table pour impressionner Elena. Elle n'était pas le genre de femme commune qui se laisser berner par des muscles saillants, une voix profonde et une assurance à ébranler les murs. Elle voulait une personne intéressante, gentille et agréable à vivre sûrement, alors il ne faisait que détendre l'atmosphère en utilisant des montagnes d'éloges à son égard ... si elle était sage, il en aurait pour elle en temps voulu. Mon emploi du temps est assez bizarre pour moi aussi, étant donné que je ne dépends que des élèves. Si personne n’est malade, que puis-je faire seul dans mon bureau ? Heureusement que je suis un maniaque du classement et qu'il y'a quelques réunions de temps en temps sinon je m'ennuierais davantage.

Si Elena y prêtait attention, elle entendrait alors que Dorian avait enfin décidé de parler de lui de façon franche et de la plus naturelle qui soit : en disant la vérité.
Il apprécia de la voir revenir avec son précieux café et la remercia chaleureusement quand il s'en saisit avant de le porter à ses lèvres et d'en savourer les arômes. C'était un délice des plus communs mais toujours si agréable qu'il ne put s'empêcher de pousser un soupir de satisfaction quand il eut prit sa première gorgée. J'aime le café noir... ainsi que les multitudes de dossiers... avoua-t-il de façon réservée et timide, il faisait un effort surhumain pour lui dire tout ça. Il tentait un échange de bons procédés en espérant voir une étincelle de curiosité naître dans le regard de sa partenaire, il voulait juste... lui plaire. ...mais je n'aime pas me confier ni être trop facilement jugé par les autres. J'aime la compétition mais je n'aime pas perdre... comme tous les hommes je suppose. J'aime aussi les chats et me promener pieds nus sur la moquette de mon appartement.

Il se laissa aller à un rire inattendu lui aussi, éprouvant pour la première fois la sensation de se sentir bien avec quelqu'un sans avoir peur de sa réaction. Elena avait ce don unique de mettre les gens à l'aise par sa façon d'accepter si facilement les autres. Sa présence l'apaisait.
Il reprit son sérieux et la fixa patiemment. La question lui brûlait les lèvres, il n’avait plus envie de la retenir ; si elle ne voulait pas en parler, elle n’aurait simplement qu’à le lui dire :

De quelle partie de ton passé tu parles Elena ?

Il avait tellement peur d’avoir été beaucoup trop loin sur ce coup qu’il crut entendre une sorte de tremblement dans sa voix comme si son for intérieur lui rappelait qu’il avait dépassé les limites avant l’heure et qu’il n’aurait jamais dû poser cette question. Désolé de la brutalité de cette question mais malgré ton air jovial et cette attitude naïvement heureuse que tu affiches à qui veut la voir, tu sembles… avoir une cicatrice.

Restait à savoir s’il avait raison ou pas et si Elena se prêterait toujours allègrement à la discussion…

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Jeu 25 Aoû - 16:41

Il sembla de nouveau faible, et Elena se demanda un instant si c'était de sa faute. Elle fronça légèrement les sourcils devant le visage baissé de son vis-à-vis. Comme elle l'avait pressentit depuis le début, Dorian n'était pas qu'un macho sans intérêt, dénué de tous sentiments humains. Si cela avait été le cas, Elena aurait simplement tourné les talons sans même prendre la peine de s'expliquer. Là, elle savait de quoi était capable Dorian, mais aussi ses limites personnelles pour certaines choses. Elle comprit qu'elle serait capable de se mettre en colère s'il devenait trop insupportable, et qu'elle était même capable de faire attention à son équilibre mental. Ne pas devenir trop proche, prendre son temps avec lui. Ce qui la surprenait le plus était bien sûr le fait qu'elle puisse se mettre en colère, vraiment. Cela ne lui était pas arrivé depuis Kaz'. C'était effrayant de comprendre cela maintenant, tout en contemplant le moment de faiblesse de son collègue. N'y tenant plus, elle parcourut ses dossiers en quête de son emploi du temps avec un sentiment d'inquiétude. Elle n'aimait pas se savoir prête à se foutre en rogne. Elle n'aimait pas du tout la sensation de la colère. Ce n'était pas un bon sentiment, et de savoir qu'elle serait capable de gronder Dorian s'il commençait à revenir dans son jeu de vil enfoiré -Je m'excuse 8D- ne lui donnait pas l'impression d'être une bonne personne. Secouant la tête, elle revint vers Dorian en ayant fait disparaître ce sentiment de malaise.

Alors qu'elle prenait la parole simplement, elle vit le visage de Dorian prendre une teinte peu commune, avant de se défigurer complétement. Il s'arracha à sa place d'un bond et courut presque vers la fenêtre, l'ouvrant en grand, oubliant les papiers qui voletaient dans la pièce. Il sembla prendre une grande inspiration, cherchant l'air qu'il ne trouvait pas près d'elle. Une nouvelle inquiétude pointa dans le cerveau d'Elena. Elle n'avait pas l'impression d'avoir fait quelque chose de mal, mais il semblait qu'elle l'ait fait quand même. Elle voulait tout de suite s'excuser, s'expliquer, peut être. Mais elle n'en eut pas le loisir. En effet, Dorian revenait déjà vers elle, s'excusant pour elle. En temps normal, elle lui aurait coupé la parole afin de s'excuser elle même, mais il venait de répondre à sa question, et un brin de bonne humeur pointa son nez sur la figure d'Elena. Elle sourit de toute ses dents en comprenant que Dorian acceptait de jouer à son propre jeu avec elle. C'était une marque de respect, selon elle. Mais aussi de confiance. Petite confiance, peut être, mais confiance tout de même. Toute relation passe par ce stade. Recherche de l'autre et connaissance.

Elle rit en découvrant la réponse de son compagnon. Elle ne voulait pas lui montrer son inquiétude. Car elle comprenait un peu l'homme devant elle. Il n'avait jamais voulut lui montrer ses faiblesses. Il n'avait jamais voulut lui montrer ce qu'elle avait vu. A vrai dire, elle était sûr que s'il avait eut le choix, il serait rester hautain comme au début de leur rencontre. En bref, elle préférait faire comme si elle n'avait pas vu le moment dramatique de la situation afin de ne pas mettre Dorian dans l'embarras. Et se mettre aussi dans l'embarras elle même. Parce qu'elle avait peur de savoir ce qui avait rendu Dorian ainsi. Si cela était de sa faute, elle se sentirait vraiment mal à l'aise. Et si cela ne l'était pas, elle ne saurait quoi faire et ne se sentirait pas bien non plus. Donc, elle choisissait l'option de la prudence. Ne pas savoir.

Elle alla donc s'occuper du café, pendant que Dorian restait seul. Elle choisit un paquet de café bien corsé, s'affaira près de la machine avant de se rendre compte de plusieurs choses. Elle ne savait pas faire de café. Une collègue lui avait montré un jour, et elle se souvenait à peu près comment faire. C'était déjà pas mal. En plus, elle se souvenait qu'il y avait la notice dans un tiroir, sous la machine. Mais elle se défia de regarder. Elle voulait simplement le faire toute seule, comme une grande. Tant pis si c'était mauvais. Mais le pire, c'était qu'elle se souvenait de ne pas aimer la café. C'était étrange, puisqu'elle venait d'en boire un avec Dorian... Sauf qu'elle avait à peine but une gorgée et que trop de chose s'était passé pour qu'elle s'en rend compte. En bref, elle allait faire du café pour lui et u thé pour elle. Pas question de boire un truc infâme de son plein gré.

"Je me perd, et je rend visite à Yui. Il n'a pas d’horaire fixe non plus, et je tombe parfois sur des moments où il ne s'occupe de personne. Sinon, je me promène, je regarde la nature ou je réfléchis à un prochain cours."


Elena venait enfin de comprendre le fonctionnement de la machine et s'occupait maintenant de son thé. Elle sortit de son tiroir un paquet de thé, et choisit deux tasses dans un placard. Elle prit la peine de jeter un regard à Dorian, puisque celui-ci parlait enfin de lui. Et il semblait sincère. Bien sûr, ce qu'il racontait n'était pas la chose la plus excitante du monde, mais c'était déjà cela. Et pour Elena, c'était beaucoup. Surtout que tout, selon elle, était intéressant.

Finissant le café et le thé, elle rapporta le tout, tendant la tasse encore fumante à Dorian. Il la prit doucement avant de prendre une mine réjouit. Apparemment, il aimait son café. Souriant à son tour, elle souffla sur l'eau brûlante. Elle avait pour habitude de toujours se brûler. Yui était au courant. Il s'attendait toujours à une gaffe de la part de l'artiste. Dorian ne l'était pas. Et ce n'était pas parce que c'était l'infirmier qu'elle pouvait se permettre de se brûler. Pas question de tout déballer maintenant.

Appréciant enfin la marque de confiance de Dorian, elle laissa ses doigts traîner sur le rebord de sa tasse tout en l'écoutant sagement. Ils avaient beaucoup de différence. Elle n'aimait pas le café, elle n'aimait pas le ménage et les dossiers. Elle n'aimait pas la compétition, se fichait bien de perdre. Par contre, elle se savait incapable de confier tout à n'importe qui et n'aimait pas que l'on juge trop facilement. Il y avait juste un écart entre leur façon de le dire. Lui se plaignait du jugement des autres sur lui-même, elle se plaignait du jugement de tous sur...Tous. Encore une fois, Elena sourit, pensant que Dorian avait de toute façon un petit côté narcissique. Bizarrement, elle trouvait cela attendrissant.

Elena rit avec Dorian, l'imaginant comme un enfant, pieds nus, souriant simplement devant le contact doucereux sous ses pieds. Elle n'avait pas de moquette dans son petit appartement, mais elle se promenait souvent pieds nus. Simplement car elle se sentait ainsi plus libre.Et puis, c'était tellement embêtant d'avoir quelque chose sur les pieds. Le carrelage froid de sa cuisine et de sa salle de bain était agréable et revigorant, tandis que le vieux parquet craquant de son atelier la rendait nostalgique de sa vieille maison là bas, en Russie. Sa mère adorait le bois. Il y avait peu de meuble sans une touche de nature.

Mais la question de Dorian la ramena à la réalité. Il devenait trop sérieux, et la question trop personnelle. Elle lui laissa tout de même le temps de s'expliquer, tout en cachant son absence de sourire dans une gorgée de thé trop chaud. Elle ne sentit même pas la brûlure sur sa gorge. Redressant alors des yeux plus si souriant, elle tourna doucement sa tête de droite à gauche.

"Je m'excuse, mais je ne répondrais pas à cette question là. Par contre, je peux t'assurer que je suis réellement heureuse. Maintenant, tout de suite."


Alors, elle secoua doucement sa tête, laissant le souvenir de son fiancé dans un coin de sa tête pour sourire et boire paisiblement son thé. Sauf que maintenant, elle eut conscience de la chaleur de l'eau. Elle grimaça donc, avant de poser la tasse sur la table la plus proche et de mettre une de ses mains sur son cou. Elle toussa un peu, avant de sentir les larmes venir. Elle se détourna de Dorian avant de s'approcher du robinet pour se servir un verre d'eau froide. Elle était assez bête pour se brûler, alors qu'elle s'était défendue de le faire. Et maintenant, à cause de la douleur soudaine, elle avait les yeux qui piquaient. Parfois, elle avait vraiment l'impression d'être une bonne à rien.

[Elena... Terrifiante 8D J'ADORE !]

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Mer 31 Aoû - 14:37

De longues minutes s'étaient écoulées depuis qu'ils avaient enfin décidé de lier connaissance. Dorian n'était pas beaucoup plus avancé qu'au début concernant Elena qui ne se confiait que très peu finalement, mais il était au point sur ce qu'il ressentait lui, même s'il ne le lui faisait pas partager. Il se sentait bien ici, dans cette salle rien qu'à eux pendant 1h. Le silence qui régnait et la chaleur du café/thé rendait l'atmosphère tiède et agréable. Dorian apprenait à la connaître et à l'apprécier pour sa juste valeur. Il se sentait pour une fois en face de quelqu'un qui n'avait pas besoin de critiquer ni d'imposer ses idées, elle ne faisait que l'écouter et lui renvoyer quelques réponses évasives sur les questions dont il attendait des réponses plus concrètes mais ça ne le dérangeait pas. Pour ainsi dire, il se doutait bien qu'elle aurait refusé de répondre... lui-même n'aurait pas répondu. Ce qui comptait c'était qu'il avait raison ; derrière ce petit bout de femme si joyeux, se cachait en fait une femme meurtrie par une expérience douloureuse et qui mettait désormais toute sa force dans ce masque de bienfaisance qu'elle tentait de montrer aux autres. Ça lui rappelait vaguement un film sur deux mordus de religions qui avait créé leur propre forme de Paradis en acceptant de dire simplement ce que les gens en face d'eux voulaient entendre, peu importe si c'était un mensonge ou pas. Ils ne vivaient que pour satisfaire la curiosité de leurs interlocuteurs.
Quoiqu'il en soit, voilà un nouveau point commun qu'ils pourraient peut-être partager un jour s'ils arrivent à se faire mutuellement confiance. Dorian n'avait simplement pas réagi de la même façon qu'elle. Au lieu de cacher sa douleur derrière un sourire maussade, il était devenu hargneux, en colère, bafoué. Fierté masculine sans doute...

Il n'eut pas le loisir de s'excuser une nouvelle fois du manque de tact de sa question que son visage marqua une mine déconfite, elle toussa vaguement avant de porter la main à son cou et partit vers le robinet. Dorian ne put que sourire devant une telle crise de panique. Il prit le temps de reposer sa tasse de café et se leva pour la rejoindre près du robinet. Il lui tourna délicatement le visage et posa à son tour l'extrémité de ses doigts sur le cou fragile de sa partenaire. Sa peau était d'une douceur impressionnante. Il sentait son pouls irrégulier sur le moment sûrement à cause de la brûlure. Détends-toi, ce n'est qu'un mauvais moment à passer mais il n'y a rien de grave. Une brûlure n'est pas à prendre à la légère mais dans le cas présent, rien d'inquiétant. Un verre d'eau calmerait sûrement l'inflammation. Il ne la quitta pas des yeux pendant tout le temps que dura son 'auscultation'. Son cou était tellement fin qu'il aurait pu être brisé en un rien de temps, juste entre ses mains, lui ôtant la vie à tout jamais.
Il retira ensuite sa main laissant traîner ses doigts sur son cou profitant inexorablement de ce contact charnel des plus agréables et mit ses mains dans ses poches avant de retourner légèrement vers la table pour tenter de contrôler un minimum les légères pulsions qui venaient de faire leur apparition dans son esprit.
Ce léger instant de douceur lui rappela vaguement combien il était seul depuis quelques années. La dernière personne qu'il avait tenu dans ses bras, c'était Yume. C'était peut-être pour cette raison qu'il s'était accroché à elle comme ça. Elle lui avait apporté un peu de réconfort, dont il croyait l'utilité surfaite d'ailleurs. Toute cette mascarade semblait revenir tout le temps à la charge. Être seul, puis tomber amoureux, apprécier l'autre, les contacts, les discussions, et puis être déchiré par une absence, une dispute, une séparation. Tout se terminait toujours de la même manière... inlassablement. Un cercle vicieux extrêmement déroutant mais dont personne ne peut se passer toute une vie. Le risque en valait la peine.

Qu'est-ce qui te rend heureuse, Elena ? Moi ? Il se demandait vraiment si'il en avait le pouvoir et par quel moyen désinvolte il avait réussit aujourd'hui à la rendre plus heureuse qu'elle ne l'était déjà naturellement. Il n'avait pas usé de sa légendaire assurance à toute épreuve et était venu la voir sans une idée précise en tête, juste histoire de la connaître. Tu n'as pas à t'excuser de ne pas me confier quelque chose qui te blesse encore aujourd'hui. On a tous nos petits secrets, moi y comprit. Sur le coup, il se demanda si son confrère, Valentine, était au courant de ce qui était arrivé à Elena. Il s'avouerait légèrement jaloux d'apprendre que oui... mais tout vient à point à qui sait attendre. Peut-être qu'un jour, au fil de leurs rencontres et de leurs discussions, peut-être qu'elle se confiera à lui... Il ne s'était jamais demandé si elle était célibataire ou pas. Il n'avait pas envisagé qu'elle ne puisse pas vouloir de lui... en bon égoïste qu'il est. Il le déduisait peut-être de ses paroles, lorsqu'elle disait qu'elle allait voir Yui à ses heures perdues, consacrant le peu de temps qu'elle avait à un de ses collègues...

La discussion devenue un peu trop personnelle avait creusé un petit fossé entre eux. Dorian n'osait pas revenir sur le sujet, ni parler de sa propre expérience et changer le fil de la conversation pour revenir à quelque chose de plus accessible ne ferait que rendre l'atmosphère lourde et inintéressante. Sur le coup, il ne savait plus quoi faire. Elle semblait s'être refermée sur elle comme une huître et il ne voulait pas insister, par respect. Si elle avait envie de renouer le contact, c'était à elle de le faire puisque c'était elle qui avait été offusquée. Dorian attendait patiemment de voir ce qui allait se passer espérant secrètement qu'elle ne voudrait pas clore définitivement ce début d'amitié. Il se posa contre la table où gisait encore sa tasse de café et croisa légèrement les bras sur son ventre... Le silence prit bientôt toute la place dans la pièce, et Dorian ne chercha pas à le chasser ; il se contenta de poser ses yeux sur elle, passifs, inexpressifs.

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Elena Aleksandrov
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MessageSujet: Re: Bipolarité   Jeu 8 Sep - 21:16

C'était comme si l'atmosphère dans la pièce s'était calmé, laissant sur un nuage nos deux protagonistes. Elena souriante et Dorian sans un sourire malsain. C'était presque trop beau, trop guilleret. C'était amusant de voir combien la situation avait changé depuis le début de leur rencontre, où Elena avait été un peu trop impulsive, croyant bien faire en sauvant son ami Yui. Dorian n'avait pas apprécié et avait tout de suite planté des barrières, non, des murs en béton armé. Et Elena n'avait rien fait pour les détruire. Elle avait sourit, et c'est comme si elle les avait traversé sans les toucher. Pourquoi détruire par la force une chose si futile qu'une distance mise inconsciemment ? Elena préférait l'oublier afin de mieux la passer. C'était une méthode le plus souvent déroutante, mais jusque là, personne n'avait pu résister. C'était une des qualités d'Elena. Elle arrivait à persuader quiconque qu'elle était une personne assez agréable pour qu'on abaisse certaines défenses mentales. C'était un peu effrayant pour qui vivait avec de la méfiance toute sa vie, comme Dorian. Mais c'était ainsi.

Mais il y eut cette question, et il y eut cette toux. Enfin, il y eut cette main sur sa peau et son regard dans un autre. Elena rata un battement sous la surprise. Elle ne pensait pas que Dorian viendrait la rejoindre, et regarderait ainsi son cou. Il n'y avait qu'un élan médical dans ses yeux, et elle se détendit. Il regarda longuement cette partie de son anatomie, ne laissant rien apparaître dans son regard. Elena se demanda alors à quoi il pouvait bien penser, mais elle n'eut pas le loisir de lui poser la question. En effet, Dorian venait de répondre le contact de ses doigts sur son cou, et Elena n'eut que le temps de penser que cela était dommage. Après tout, ce n'était pas désagréable de se faire ausculter de la sorte, et elle n'était pas contre le contact physique avec les autres. D'abord, elle n'était pas japonaise. Elle avait en plus eut beaucoup d'affection envers sa mère et ses sœurs, et il lui arrivait souvent de dormir avec l'une d'elles. Elle aimait beaucoup montrer avec tendresse sa sympathie pour sa famille, et envers ses amis les plus proche. Depuis qu'elle était au Japon et qu'elle avait connu Kaz', elle n'avait pas vraiment agit ainsi. Bien sur, elle était toujours plus tactile que la plupart des natifs d'ici, mais elle avait gardé une certaines distances. C'était idiot, mais elle ne pouvait faire autrement.

La jeune femme soupira, prit un verre d'eau, but une longue gorgée et repartit rejoindre Dorian. Elle attrapa sa tasse au passage et rit devant la nouvelle question de Dorian. Il pouvait très bien passé d'une question personnelle à une question piège. elle ne se ferait pas avoir. Elle avait un calme qui surprenait la plupart des gens et qui pensent le plus souvent qu'elle ne peut être que simple d'esprit avec ce genre de comportement. Mais Elena n'est pas simple d'esprit. elle encaisse juste le maximum, et avertit lorsque l'on dépasse les bornes. Comme elle n'aime ni la violence ni la haine, elle préfère partir que laisser des émotions mauvaises l'envahir. Elena est ainsi. Elle réagit en souriant et en riant plutôt que de s'offusquer. A quoi cela servirait-il ? Envenimer une relation ? Rendre chacun mal à l'aise ? Elena préfère plutôt rire et être blessé un instant que de faire du mal à ceux qui l'entoure. Oui, certes. Mais Elena ne cache pas non plus ses sentiments. Si on touche une corde sensible, elle préférera le dire et expliquer sa façon de voir la chose, expliquer son envie de ne rien dire. Elley n'aime pas mentir. Elle n'aime pas faire semblant. Elle est vraiment toujours de bonne humeur et prête à tout pour que chacun soit heureux autours d'elle.

"C'est effectivement une des raisons qui me font aller bien. Dans l'immédiat. Et dans la vie de tous les jours, je suis heureuse car il n'y a rien qui m'en empêche. Je suis responsable de ma vie, de mes humeurs. Il est bien inutile d'être malheureux et de perdre ainsi une partie de sa vie alors qu'on peut sourire et profiter du monde entier."


Et Elena rit, consciente qu'elle semble un peu trop sérieuse. Pourtant, c'est la vérité. Rien ne l'empêche d'être heureuse. Oui, c'est vrai, son seul et unique amour n'est plus de ce monde. Oui, c'est vrai. Et alors ? Elle peut vivre sans lui, même si c'est difficile. Ce n'était pas la seule personne de ce monde à être bien, ce n'était pas la seule personne de ce monde qui plaise à Elena. Et puis, c'est tellement inutile de regretter. Regretter quoi ? Un mort qui ne reviendra pas ? Elena n'est pas du genre à s'apitoyer longuement sur ce genre de chose. Elle a fait son deuil. Oh, bien sûr, elle reste tellement fidèle qu'elle n'est pas vraiment fidèle à ses propos. Mais c'est inconscient. Un lien restera toujours entre elle et lui. C'est encore difficile d'en parler, c'est un secret qu'elle n'a pas besoins de dévoiler, pas parce que cela ne doit pas être dit, mais parce que ce n'est pas le genre de chose dont on se vante ou qui peut être dit à la légère. Oui, Elena a aimé. Oui, Elena a pleuré. Mais Elena vit encore et tant qu'elle vivra, personne ne lui dictera sa vie. Kaz' n'avait jamais voulut l'enchaîner, il la voulait heureuse, simplement. Alors, raison de plus pour l'être, pour lui montrer son sourire et sa bonne humeur, encore et toujours.

Elena se rendit alors compte que cette approche trop rapide de leur vie respective avait comme entaché leur discussion. L'atmosphère était devenu un peu plus pesante. La jeune prof sirota une dernière gorgée de son thé, avant de poser son regard bleu dans celui de son collègue. Il la regardait, inexpressifs, encore plus loin d'elle qui ne l'avait été auparavant. Elle apprécia un instant la beauté de son visage avant de prendre de nouveau la parole. Elle trouvait dommage de perdre ainsi le fil du jeu à cause d'une question qui ne la rendait pas plus que cela mal à l'aise, puisqu'elle n'y avait pas répondu.

"J'ai une nouvelle question. Quelle est la première chose que tu fais en te levant, et quelle est la première chose à laquelle tu penses en te levant."

Elena lui sourit. Elle pose sa tasse sur le table à côté d'elle et elle joint ses mains devant elle. Elle entrelace ses doigts, les empêchant de pianoter sur sa tasse, ou d'attraper un morceau de ses vêtements. La fébrilité de ses mains était la seule trace de son ancienne hyperactivité. Bien sûr, aujourd'hui encore, elle reste trop active pour la majeur partie des gens. Mais qu'importe. Elle a décidément changé, et elle pense que c'est en bien. Elle n'est pas parfaite, mais ses quelques défauts ne lui semblent pas si désagréable. Elle pouvait très bien accepter sa part trop active. Elena sourit de nouveau et répondit à la question avant de laisser Dorian le faire.

"Pour ma part, je pense au fait que je suis encore en vie, et que c'est bien. Et puis, j'ouvre ma fenêtre, je vois la vie dehors et je trouve que c'est beau. Bien sûr, c'est un peu idiot et simple comme pensée et tu peux très bien te moquer de moi. Mais j'aime les choses simples. On ne devrait pas avoir besoins de trente mille raison d'être heureux."

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MessageSujet: Re: Bipolarité   Dim 18 Sep - 18:46

Un aimant. Après de longues minutes à la regarder agir inconsciemment, bouger, se rapprocher, rire, parler, Dorian était arrivé à cette conclusion plutôt étrange : Elena ressemblait à un aimant. Dorian était le métal et elle était l'aimant. Plus il passait de temps avec elle, plus il avait envie d'en passer. Chacun de ses gestes semblait voués à être filmés pour finir au musée, elle respirait la fragilité, la sensibilité. Elle ne semblait pas pour autant être de ces femmes trop douces qui ne hausse jamais la voix et énervent d'autant plus. Dorian aurait presque aimé être comme elle, toujours positive mais il n'avait jamais fait partie de ces gens là. Il avait toujours obtenu ce qu'il voulait par la manipulation voire même par la force. Sa toute première petite amie s'était retrouvée dans ses bras grâce à une sombre histoire de mauvaise réputation qu'il avait inventé pour attirer la petite rebelle, piquant ainsi la vedette à la star du collège de l'époque. Dorian n'était même pas étudiant au collège à temps plein, il n'y allait que pour assister aux cours que son Père ne pouvait lui dispenser lui-même, par manque de temps ou de culture (personne n'est parfait) mais il avait sauvagement flashé sur une petite guenon qui se vantait d'être dure à attraper. Une fois qu'il avait réussit à la mettre dans son panier, il s'était joué d'elle, l'avait humiliée, l'avait fait tomber amoureuse de lui au point de vouloir terminer sa vie d'avant et en recommencer une avec lui, mais Dorian ne faisait que s'amuser et il lui avait brisé le coeur, volontairement et avec toute la satisfaction qu'il aurait put en tirer ce jour là. Tout ça pour expliquer par des gestes sa place dans la hiérarchie du collège et rappeler celle des autres, le Chef, c'était lui.
Mais à force de jouer avec le feu, on se brûle les ailes...

Ce fut son rire qui le sortit de ses pensées. Quelle idée saugrenue avait-elle là encore ! C'était quoi ce jeu du "A qui la question la plus nulle ?", il passa une main sur son visage ne sachant pas s'il devait faire durer l'entrevue ou s'il valait mieux mettre un terme à cette bulle utopique qu'ils avaient créé dans la salle des profs. Dorian n'était pas de bonne humeur, pas comme ça, pas autant que ça et cette attitude désinvolte, par moments, ça lui donnait juste envie de péter un boulon. On ne peut pas être constamment heureux et plus elle lui assurait que si et moins il la croyait et plus il avait envie de la blesser moralement pour lui envoyer en pleine figure "Tu vois ? J'avais raison." mais elle était trop chétive, trop enfantine pour qu'il puisse lui faire ça. Peut-être était-ce simplement de la jalousie de ne pas pouvoir afficher ce masque qu'elle maîtrisait tant.
Quoiqu'il en soit, pendant qu'elle narrait sa façon naïve de se lever et d'ouvrir sa fenêtre, il soupira et avala ce qu'il restait dans sa tasse de café, il n'avait plus envie de jouer à ce petit jeu, il voulait une discussion sérieuse, il voulait des réponses. Il la rendait heureuse, elle était contente d'être là, ça ok, il avait saisit le message qu'elle lui envoyait depuis trois plombes, mais nom de Dieu, à quoi ça rime tout ça ? Ne seraient-ils que des collègues heureux de se voir ? Elena ne voulait-elle que ça ?

Je pense que j'ai pas assez dormi et je m'habille. Qu'est-ce que tu voulais que je te réponde ? Que je réfléchis à mon existence sur Terre ou que je remercie Dieu d'avoir pondu un monde aussi beau ? C'est pas du tout comme ça que je vois la vie Elena, contrairement à toi. Il partit vers le robinet et y jeta un peu brutalement sa tasse qui se cogna contre le rebord dans un bruit sourd. Pour lui, ce monde n'était pas beau, pas beau du tout. Depuis quand les famines, les guerres, les morts atroces, les souffrances inutiles, les maladies incurables, les incendies, les tempêtes... depuis quand tout ça, c'était beau, hein ?
Il resta immobile pendant quelques instants, conscient qu'il avait dût jeter un froid et puis se retourna, encore trop agacé pour regretter ses paroles, on va jouer longtemps à ce petit jeu ? Ca t'intéresses vraiment de savoir à quoi je pense quand je sors de mon lit ? Tu préfères pas plutôt savoir pourquoi je t'adresse la parole aujourd'hui avec autant d'acharnement alors qu'on ne s'est pas parlés depuis 6 mois que je suis ici ? Ou encore d'où je viens, si j'ai de la famille, une femme ? Tu n'es pas ... normale, Elena. Je veux bien croire que quelque chose t'a rendu ainsi mais si tu ne comptes pas m'autoriser un jour à découvrir le pourquoi du comment, je vois pas l'intérêt de prolonger cette discussion.

Il fit quelques pas sans vraiment savoir où il allait, il aurait aimer qu'elle explose, qu'elle lui hurle dessus, déchaînant ainsi la rage qu'elle devait contenir depuis tant d'années, ou bien qu'elle lui prouve qu'il était différent à ses yeux, qu'il pourrait peut-être devenir plus qu'un simple collègue. Il pouvait être très impatient par moment et là il faisait simplement une crise de jeune adulte. Il détester tourner indéfiniment dans un rond-point, il avait besoin de suivre une direction et si Elena ne savait pas lui en donner une... alors il irait simplement voir ailleurs.

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Bipolarité

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