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Kanon Watanabe

33 Age: 16 Clubs création: Musique Passion: Le chant / La musique
KMO
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 | Sujet: Proceed with Caution Sam 12 Fév - 1:03 | |
| « Quand on tombe, on ne tombe jamais bien. » ~ Alexandre Dumas ~
La musique adoucit les mœurs… Elle est comme une sinécure pour le travailleur acharné, une liberté pour l’aliéné. Ces compositions auditives n’étaient pas seulement créées pour charmer les tympans, mais pour atteindre l’âme et apporter un réconfort au cœur. C’était ainsi, du moins, qu’elle voyait les choses. Ainsi que chaque note se traduisait et s’ajoutait à son agrément. Ses goûts la faisaient converger vers un style musical particulier, mais elle ne laissait aucune des manifestations de cet art aux oubliettes, car persuadée qu’à travers elles les mêmes émotions surgissaient… D’une façon simplement différente. Si elle était de nature versatile, le chant de sa guitare parvenait à lui faire oublier tous ses malheurs, et à la rendre heureuse envers et contre tout. C’est avec une insupportable impatience que Kanon avait traversé cette journée de cours jusqu’à la sonnerie qui marquerait la fin de son calvaire, et le début d’un engouement nouveau. Aujourd’hui, elle répétait avec le club de musique dans lequel elle s’était précipitée à son inscription dans l’établissement. Un exutoire pour lequel elle languissait depuis des jours, si bien qu’elle était la première devant la salle et que des preuves physiques trahissaient sa sérénité apparente. L’échine logée contre le mur, l’une de ses jambes frémissait convulsivement sans qu’elle ne s’en rende compte alors qu’elle tapotait sur son téléphone. Mais enfin, ils étaient en retard !... Ou était-ce plutôt elle qui était en avance ? Il fallait qu’elle apprenne à contrôler ses lubies, elles auraient un jour raison d’elle. Enfin, elle aperçut ses camarades, dont la présidence Lucy, qu’elle salua d’un mouvement crânien. Une fois la salle enfin accessible, elle s’y précipita et prit place, attrapant son instrument comme s’il s’agissait d’une inestimable gemme. Fait qui n’était pas faux, là était son plus beau trésor, elle qui en était passionnée depuis son plus jeune âge. A travers rires et complicité juvénile, ils entamèrent quelques morceaux, avant de dériver une conversation, de passer à une autre, puis de reprendre leur activité principale. L’ambiance y était agréable, mais bien plus, la diversité des sonorités était une véritable bénédiction. La jeune asiate était sereine… Plus rien ne semblait compter lorsqu’elle était noyée dans son éréthisme à travers lequel elle ne cachait plus sa sensibilité accrue. Elle était alors elle-même, se révélait la véritable Kanon Watanabe.
Plusieurs heures s’étaient déjà écoulées, elles n’étaient plus que deux galbes assises dans la pièce, dont l’une se préparer à prendre le chemin du retour. La nippone fixait de ses prunelles d’onyx le piano non loin d’elle… Elle serait la dernière à quitter les lieux. Sa senpai la salua et prit congé, laissant la demoiselle esseulée dans son utopie. Elle songeait, à son avenir, à sa mère… A tant de choses, dont sa venue ici. Depuis son arrivée, ses doutes ne s’étaient pas envolés… Elles se posaient encore beaucoup trop de questions, qui l’empêchaient de trouver le sommeil, ou la quiétude intérieure. Ce père qu’elle était venue chercher… Elle secoua la tête en exhalant une interminable expiration. Mieux ne valait pas y repenser… L’ironie de la situation était qu’elle était le bourreau et la victime dans un même temps, elle qui se contraignait à ne pas oublier ses inquiétudes, et qui en souffrait. Elle se frotta frénétiquement l’arrière du crâne, se décoiffant par la même occasion, puis entreprit de rejoindre son antre. Le manque de lumière extérieure témoignait de l’heure avancée qu’il devait être, situation accentuée par l’orage qui avait récemment éclaté. Les perles de pluie fluaient en abondance sur les immenses croisées de la pièce en convenance avec de fréquents grondements célestes. L’étui de son instrument sur l’épaule, l’étudiante se stoppa un instant pour admirer ce spectacle naturel… Mais surtout, le chant de la foudre et celui de ses pleurs se déversant sur l’humanité. La nature aussi produisait une musique, sans doute la plus belle qu’ils ne pourraient jamais ouïr, mais malheureusement ignorée par la plupart. Peut-être, était-ce simplement elle qui était trop réceptive à ce qui l’entourait… Elle se le demandait parfois.
La nymphe s’étira, faisant craquer une ou deux structures osseuses au passage, puis se décida à partir. Entamant une foulée lente, elle dénoua la cravate avec laquelle elle avait éveillé cette chemise opaline qu’elle trouvait bien trop banale. Qu’elle haïssait les uniformes scolaires… Si à Keimoo il n’y en avait pas de prédéfini, il leur fallait tout de même être « présentable ». Cela en devenait risible… Cette jupette noire ne faisait qu’accentuer un côté solennel qui ne lui convenait pas, trop sobre à son goût. Elle avait comme l’envie de hurler à la mort lorsqu’elle voyait ses camarades rassemblés tels des clones. D’ailleurs, maintenant qu’elle y pensait, les corridors semblaient bien vides… Seulement peuplés de quelques personnes, venant et s’en allant. La majorité de la population de l’école devait actuellement se trouver au pensionnat, son lieu de destination. Cependant, elle dut faire face à un imprévu… Absorbée dans ses pensées insensées, elle ne détecta pas la frêle nappe d’eau sur le sol, sans doute gentiment déposée par un quelconque quidam surpris par l’averse. Ses bottes ne supportèrent pas le manque soudain d’adhérence et s’en prirent à l’équilibre de la jeune fille. Cette dernière effectua une magnifique figure, qui se serait voulue gymnastique dans d’autres circonstances, avant de retomber sur le sol dans un fracas monstrueux. Durant sa chute, elle émit un glapissement de surprise, et n’eut le temps de comprendre quoi que ce soit qu’elle était étendue de tout son long. Certaines de ses affaires en profitèrent pour la trahir et s’échapper de ses poches pour chercher à s’enfuir, sans aller bien loin fort heureusement. Malgré tout, il y avait toujours une jouvencelle, immobile, dans une situation des plus… Inconfortables.
« … Itai… » Souffla t-elle d’un air extrêmement las. « … » Si quelqu’un l’avait vue, il pourrait bien se permettre de rire de son malheur. |
|  | | Hôtobi Shintô

21 Age: 15 Clubs création: Photographie Localisation: Entrain de calculer une équation [Joke] Humeur: J'ai la flemme
KMO
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 | Sujet: Re: Proceed with Caution Lun 14 Fév - 21:22 | |
| - Peut-on clamer notre innocence alors qu’un sentiment de remord nous ronge ? Alors que l’on pense que notre existence est à remettre en jeu ? C’était ce que se demandait un jeune homme de quinze ans, il venait juste de quitter la bibliothèque de l’académie Keimoo. Voilà presque un an qu’il avait rejoint les rangs de cette prestigieuse école au cœur du Japon, il se souvenait de ses premiers pas ici, il avait été grandement dépaysé par ces immenses bâtiments. Avant cela, il vivait en compagnie de sa mère dans un petit village au Royaume-Uni. Et aujourd’hui qu’était-il devenu ? Un Intello célibataire vagabondant à la recherche d’un vieux livre poussiéreux ? C’était très certainement tout à fait son genre. Pourquoi avait-il aussi soudainement quitté la bibliothèque alors ? Eh bien ça il ne le savait probablement pas, il avait été attiré par une douce mélodie qui semblait venir de l’autre côté du bâtiment. Aussi, cela faisait deux heures qu’il était assis devant sa copie, sa main ne voulait pas bouger, ses muscles étaient comme rouillés et son corps refusait de lui obéir, il songeait à tout ce qu’il avait pu lui arriver depuis qu’il était rentré en classe. Ses pensées se bloquaient quand il essayait de réfléchir, aucun son ne sortait de sa bouche lorsque quelqu’un tentait de lui parler. Ses pupilles noires de jais se laissaient péniblement aller vers la fenêtre qui se situait non loin de lui, il avait une irrésistible envie d’aller dehors, c’était la première fois depuis six mois qu’il éprouvait un tel désir. Il avait l’impression d’être seul au monde, les bruits autour de lui ne l’atteignaient pas, il était comme envoûté par cette douce mélodie. Mais revenons en à l’introduction, oui évidemment…Sinon vous ne comprendrez pas pourquoi il pensait à ceci, comme le parfait intello, il avait lu le sujet de son prochain examen et il était resté sur les fesses, voilà pourquoi à la bibliothèque il était resté devant sa copie avec un air béat, sans savoir ce qu’il devait écrire : « Comment trouvez vous votre situation actuelle ? Dans la vie courante donc en cours ou vie privée, au choix ». Comment trouvait-il sa vie ? Il ne s’était probablement jamais posé cette question, après tout on lui avait toujours dit qu’il était promit à un grand avenir, à quoi bon se casser la tête à voir plus loin ?
Il ne vous était jamais arrivé de vous remettre en question ? Vraiment ? Jamais. Oui voilà, personne n’était là pour compatir dans ses petits moments de solitudes, il était vraiment dans une situation de malaise désormais, il ne savait plus exactement où il voulait se rendre, la mélodie s’était arrêtée, ses repères s’étaient effondrés autour de lui, il se sentait comme nu au milieu de la foule. Mais il était trop tard pour retourner à la bibliothèque désormais, pas grave, il y retournera plus tard, autant faire une petite pause maintenant, de toute manière il ne savait pas avec quoi il allait remplir sa maudite copie. C’était bien la première fois que cela lui arrivait, rester en plant devant une copie. Mais comme l’on disait généralement, il y avait un commencement à tout. Son sac coincé entre son bras et son corps, le jeune homme se tortillait en vain en essayant de se frayer un chemin qui était censé le mener vers les dortoirs. Mais alors qu’il avançait dans les chemins tortueux, il se rendit compte qu’à sa gauche, un couloir était visiblement désert. Un regard à droite, un regard à gauche, tout le monde empruntait la même allée sans se diriger vers les autres corridors, bon et bien puisque c’était comme ça, autant passer par le vide, aucun gain de temps de toute manière, qu’il fasse un détour ou qu’il passe au milieu d’une foule déchaînée. Il avait juste fait quelques pas vers la gauche et l’ambiance était tout autre, le bruit des étudiants qui parlaient bourdonnaient à présent dans ses oreilles, il n’entendait plus rien, l’adolescent ferma les yeux en appréciant le calme matinal, c’était comme cela qu’il connaissait l’Académie Keimoo, rarement il l’avait vu en pagaille.
Il se souvint d’une de ses premières rencontres, il était passé par un portique avant de se rendre dans une cour, les jeunes jouaient alors que lui révisait, il n’avait que ceci pour se consoler, l’inspiration pour son devoir commençait à lui revenir, sans vouloir se prendre pour le héro d’un mélodrame il n’était pas le genre de gaillard à se vanter qu’il avait beaucoup d’amis, que ce soit en vrai ou virtuellement. Il avait en effet été prévenu qu’un syndrome stupéfiant touchait les adolescents de sa tranche d’âge, ils passaient leurs journées devant un écran à parler à des inconnus parfois, quel étrange comportement. Lui, il remplaçait cet écran lumineux par un livre terne ou encore un vieux manuscrit poussiéreux voir miteux, il passait ses journées à essayer de comprendre. Parfois il se surprenait à lire des livres sur la psychologie humaine, lui qui avait tellement de mal à la comprendre, voilà…C’était ça qu’il allait écrire…Une histoire commence toujours calmement pour ensuite heurter l’élément perturbateur, généralement s’en suivait un happy end mais dans la vie courante, ce n’était pas le genre de choses auxquelles il croyait ou du moins, il ne voulait plus y croire, son espoir était limite vain. Ses jambes avançaient machinalement, ses paupières tombaient, il n’avait pas beaucoup dormi cette nuit là quand il y réfléchissait, qu’avait-il fait encore ? Ah oui…Il préparait son devoir d’avance. Et pour couronner le tout, au lieu de passer une sinistre habituelle matinée à réviser, il se baladait à moitié somnolent dans les couloirs de l’école, il errait sans réel but.
Et voilà qu’il arrivait, le fameux élément perturbateur…Mon Dieu quelle galère songeait le garçon en voyait une demoiselle exécuter des pirouettes dans tous les sens avant de s’étaler par terre dans un mouvement d’infinie grâce. A cette pensée, l’Hôtobi retint un rire qui aurait pu paraitre mesquin pour sa future interlocutrice. S’il en revoyait les principales règles de la politesse, il devait aller aider la fille, elle ne semblait pas vraiment plus âgée que lui mais soit, il faut toujours aider son prochain lui avait dit un religieux alors qu’il s’était perdu dans la capitale anglaise. Tu parles avait-il scandé, lui personne ne l’avait jamais aidé. Mais s’il en oubliait ce petit incident et qu’il en revenait à la scène présente, il accourait aux côtés de la fille qui s’était visiblement fait mal, avec adresse il tenta de ramasser tous les objets qui étaient tombés à terre mais lorsqu’il voulu les lui rendre, deux petites affaires s’échappèrent de sa main droite. Alors qu’il lui tendait les mains, son teint blanchâtre s’empourpra un peu, il avait réellement honte de ce qu’il venait de se passer. Mais à peine avait-il prononcé un « Gomen » marmonnait entre ses dents, il grogna et observa la fille. Elle avait tout l’air d’une gothique…Ou peut-être d’une punk, il n’avait jamais fait beaucoup attention à ce qui caractérisait la différence entre les deux sortes d’individus. Enfin, sa tenue vestimentaire lui rappelait le jour de l’enterrement de son grand père…Toute vêtue de noir…Et pourtant il ne pu s’empêcher de penser que cette couleur lui allait à ravir et que des couleurs chaudes sur elle ne ferait certainement pas ressortir ce côté mystérieux. Voulant aussi tôt faire connaissance bien qu’il n’en n’avait pas l’intention au départ, l’adolescent salua brièvement l’acrobate et se présenta :
« Hô-Hôtobi Shintô…Je peux savoir quel est votre nom ? »
Pourquoi tant de politesse ? Et pourquoi tant d’hésitation dans sa voix ? Il se le demandait, peut-être avait-il attrapé froid, oui ce devait être ces stupides courants d’air. Une fois sa phrase achevée, il expira une grande quantité d’air avant d’afficher un maigre sourire à son interlocutrice, règle n°1 avec les individus : Toujours montrer la meilleure partie de sois même, enfin peut-être que son sourire n’était pas vraiment la chose que les gens préféraient chez lui…Lui qui affichait toujours ce genre de sourire qui vous laisse un doute sur les réelles opinions de la personne. Mais il n’en pouvait rien, c’était sa nature et c’était comme ça, il ne pouvait pas renier cet aspect timide de sa personnalité, certaines personnes lui riaient au nez, d’autres pensaient qu’il faisait ceci dans le seul intérêt de se faire remarquer et d’attirer l’attention des autres personnes qui trouvaient cela habituellement « Wouah c’est trop mignon ». Pathétique, dans ce comportement tout lui faisait penser aux pompom girls, la seule qui avait l’air un peu hors normes, c’était cette héritière…Comment s’appelait-elle déjà ? Ashley…Oui Ashley quelque chose. Et ce fut seulement ensuite qu’il parvint à voir le contraste entre la fille qui venait de tomber et la riche pompom girl, oui…Cela ne faisait pas un pli, elles ne se ressemblaient pas du tout.
[HRPG : Désolé du retard, petit contre temps et soucis Irl ^^] |
|  | | Kanon Watanabe

33 Age: 16 Clubs création: Musique Passion: Le chant / La musique
KMO
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 | Sujet: Re: Proceed with Caution Mer 16 Fév - 1:37 | |
| Tomber pour mieux se relever… Quel était l’inepte qui avait un jour exhalait cet aphorisme ? Peut-être devrait-elle un jour envisager d’examiner les expressions sous leur sens figuré plutôt qu’au sens propre, cela lui éviterait quelques douloureux ressentis physiques. Cette mésaventure lui aurait au moins permis de remarquer une chose importante : la couleur du plafond était légèrement plus foncée que celle du sol… Coïncidence ? Sûrement pas ! Elle avait visiblement égaré quelques neurones lors de son atterrissage, qui ne lui étaient pas d’une si grande utilité au quotidien en y réfléchissant. Au moins, s’il y avait un fait qui pouvait la soulager, était la logique de toute physique qui disait qu’étant étendue à même le plancher, elle ne pourrait pas tomber plus bas. Si la philosophie de la chose pouvait expliquer son étrange inertie, elle n’avait simplement pas la volonté de se relever… Elle n’était pas si mal dans cette position. De plus, dès qu’elle aurait le malheur de mouvoir sa structure musculaire, celle-ci manifesterait sa rancune en lui opposant ce qui serait les conséquences d’une telle chute. Pas de doute que son bassin garderait un souvenir lancinant – mais éphémère – qui lui apprendrait à être plus concentrée sur sa marche. Après tout, des gens étaient morts de cette façon, l’existence était une perpétuelle prudence à acquérir, et la pauvre victime de son inattention avait encore beaucoup à apprendre. Par la même occasion, elle se demandait combien de temps elle pourrait mimer le macchabée avant que quelqu’un ne daigne quérir de son état… Et si elle restait là jusqu’au lendemain ? Puis avec les années, elle finirait par faire parti du décor. Conception amusante mais faiblement irrationnelle, quoi qu’au vue de l’altruisme infus de sa génération, cela ne l’étonnerait qu’à moitié. Ou alors, elle pourrait se mettre à chanter une petite chanson pour passer le temps…
Malgré toutes ces affabulations pour le moins absurdes, le faciès de la nippone restait de marbre, apathique au point que l’on pourrait douter du volontariat ou non de sa culbute. Elle devait avoir l’air ridicule à jouer les momies, mais le burlesque et la lassitude provoquée par la situation la laissait totalement atonique. Pourquoi n’avait-on pas jugé bon d’intégrer un zeste de diligence dans ses gênes ? Etait-ce trop demandé que d’éviter toutes les catastrophes environnantes ? Visiblement, oui. Toutes ces hypothèses semblaient avoir flué à une vitesse astronomique dans son esprit, car il ne fallut que très peu de temps à un autre étudiant pour réagir et voler à son secours. Interpellée par cette soudaine présence, Kanon se décida enfin à remettre son mécanisme en marche et à bouger. Elle redressa en premier lieu la tête, prenant en compte l’identité physionomique du garçon qui rassemblait les affaires éparpillées. Puis, ses omoplates se décolèrent à leur tour et elle prit appui sur ses coudes pour trouver un minimum de stabilité. Une âme serviable dans la population ? Les renforts étaient arrivés rapidement, ce qui laissait d’autant plus présager une quelconque feinte. Et pourtant, il n’en fut rien, le valeureux – ayant fini d’amasser son butin – voulut les rendre à sa propriétaire. Cependant, la maladresse liée à la précipitation laissèrent des objets s’échapper et retomber sur le sol, les abimant peut-être d’avantage. Elle ne pouvait lui en vouloir, l’intention avait été si délicate. D’ailleurs, celle-ci l’encouragea à prendre son courage à deux mains et à se relever, chose qu’elle fit non sans une grimace proportionnelle au mal que lui déclarait son organisme. Une fois de nouveau sur ses pieds, elle posa les mains sur le bas de son échine, puis se pencha en avant, puis en arrière en inspirant les mâchoires serrées, signe de douleur. Cette fois, elle ne s’était vraiment pas loupée. Et comme si cela ne suffisait pas, ses vêtements avaient eu l’excellente idée d’absorber une partie de la flaque sur laquelle elle avait glissé… Quelle magnifique fin de journée.
C’est alors que son homologue estudiantin déclina son identité, sortant ainsi de l’anonymat et désirant apparemment que l’asiate en fasse de même. Ce ne fut pas cette prise d’informations qui la surprit, mais plutôt le timbre emprunté qui se vit chancelant et l’excessive politesse dont il avait usée. L’intimidait-elle, de son frêle mètre 65 ? Cette réaction tira un rictus amusé à l’une des commissures de ses lippes teintées d’une couche purpurine, quel étrange personnage. Elle prit un succinct instant pour l’observer, comme il était coutume et spontané de le faire avec un étranger. Propre sur soi et d’un style tombant dans la sobriété – établissement scolaire oblige – il ne semblait pourtant pas appartenir à un quelconque mouvement sociétaire. Les indices étaient évidemment bien trop peu conséquentes pour qu’elle puisse en juger, ce n’était là qu’une première impression qu’elle confirmerait par la suite. Se tournant totalement vers lui, elle le fixa de ses onyx étincelants avec un air moins déridé.
« On a l’air d’avoir à peu prés le même âge, j’crois que tu peux me tutoyer, sauf si tu fais parti d’une classe sociale de gros vaniteux qui se trouvent trop bien pour la proximité entre camarades. » Elle récupéra ses affaires dans les mains de son interlocuteur. « Arigatou. »
Kanon ne faisait et ne ferait pas preuve d’autant de tact, elle était une personne spontanée et aux valeurs simples, lorsqu’elle n’était pas d’humeur acrimonieuse. Elle avait toujours trouvé que le système japonais était parfois trop rigide sur son respect, et si elle faisait tout de même attention aux membres d’une hiérarchie réellement supérieure, elle ne s’embêtait généralement pas à appeler ses camarades par le patronyme. Quitte à choquer par ses tenues vestimentaires, autant le faire aussi par sa manière d’être. D’ailleurs, elle n’aimait pas tellement cela, que l’on use de son nom de famille pour la désigner, elle trouvait celui-ci trop répandu et cela lui empêchait d’avoir une identité qui lui serait propre. Ce n’était pas pour rien s’ils possédaient un prénom après tout, mais là n’était pas la question.
Elle examina ses affaires, en priorité son instrument de musique, qui n’avait logiquement rien à craindre puisque sous la protection de son étui. Malgré cela, elle vérifia que sa guitare ne souffrait d’aucune égratignure, elle lui était bien trop précieuse et l’abimer serait un acte irrémissible. Elle prit un long moment pour tout vérifier, puis fut soulagée de constater qu’aucun dégât n’avait été causé. Puis, elle passa à son portable, ces petits bijoux de la technologie avaient le don de se briser facilement si le choc était trop violent. Heureusement, celui-ci était intact, le principal était sauvé. Elle le glissa dans sa poche, accompagné de son paquet de cigarettes, de son briquet et de quelques babioles sans grande importante. En revanche, elle n’avait pas un tel seuil d’espoir en ce qui concernait son MP4. Elle tenta de l’allumer, ce qui ne se produisit qu’au bout de la cinquième tentative. Mais l’écran fissuré, le petit appareil sophistiqué n’en fit qu’à sa tête, et mit les nerfs de sa propriétaire à rude épreuve. Grosse erreur, s’il y avait bien un trait caractériel que ne possédait pas la japonaise, c’était la patience. Après quelques râles significatifs, voire insultes envers l’objet, une flamme incendiaire naquit au cœur de ses prunelles : la guerre était déclarée. Sans hésitation, et après avoir gentiment écarté Shintô de la trajectoire, elle claqua de toutes ses forces le réfractaire contre le sol. Le corps mécanique se démantibula en diverses parties qui allèrent cogner contre les casiers dans une mélodie singulière : l’objet avait littéralement éclaté. Satisfaite de son meurtre, Kanon aurait l’opportunité de s’en acheter un autre, le compte en banque maternel était plus que conséquent. Elle se lança à la quête des parcelles disséminées dans le corridor, autant ne laissait aucune preuve de son homicide, tant pis si témoin il y avait eu. Une fois rassemblées, elle jeta le tout dans la poubelle la plus proche, et ceci sans aucune culpabilité. Au contraire, cette action semblait être la plus naturelle du monde.
La jeune fille se tourna en direction de l’autre élève. S’il désirait être intimidé, il pouvait peut-être l’être maintenant, après avoir assisté à une – encore mignonne – envolée caractérielle de la sylphide aux cheveux courts. Tous deux semblaient opposés dans leur comportement, ce qui s’avérait être une combinaison intrigante pour la suite des présentations. En y songeant, elle n’avait pas encore répondu à sa question, peut-être était-ce le moment adéquat pour le faire. Elle émit un faible ricanement, qui se voulait étonnement aimable, puis le lorgna sans complexe aucun.
« Watanabe Kanon. » Souffla t-elle avant de poser sa main sur sa propre hanche. « Alors, Shintô… » Elle insista sur son prénom, quitte à le m’être mal à l’aise par cette familiarité. « T’es venu m’aider par pitié ou solidarité ? T’as pu admirer ma superbe cabriole ? Elle valait le détour, hein. » Un soupçon abrupte dans sa manière de s’exprimer, le jeune homme aurait au moins rapidement saisit le personnage. |
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